Plateformes multiples, projet unique

mardi 11 avril 2017 2:19

La nouvelle console Nintendo Switch, lancée au début du mois de mars dernier, a apporté un nouvel angle au vaste monde du jeu vidéo: sa capacité à se transformer en console portable en plus d’être une console de salon classique. De plus en plus, la polyvalence des logiciels de plusieurs milieux permet de les utiliser sur plusieurs plateformes. Cependant, bien qu’il ait évolué au cours des années, le phénomène du multiplateforme n’est pas nouveau.

Par François Carabin

La compétition féroce menée par Apple et Microsoft depuis les années 1980 dans le domaine de l’informatique a obligé les concepteurs à fournir des logiciels hybrides disponibles sur les deux systèmes. La création de plusieurs systèmes d’exploitation pour mobiles, comme iOS et Android, au tournant du siècle, a également agrandi le marché des logiciels multiplateformes.

Aujourd’hui, la plupart des logiciels, sites web et applications disponibles sur le marché se doivent d’être utilisables sur différentes plateformes. Ils couvrent donc un terrain énorme, que ce soit en informatique, en jeu vidéo ou même dans certains objets utilitaires.

« Les logiciels multiplateformes les plus simples sont en ligne, avec un serveur auquel n’importe quel client se connecte. Facebook et Twitter entrent dans cette catégorie. Dans ce cas-ci, le site a une infrastructure, et n’importe quelle plateforme voulant y accéder na qu’à faire la demande?», explique Bram Adams, professeur adjoint au département de génie informatique et génie logiciel de l’École Polytechnique de Montréal.

Chaque plateforme nécessite un système d’exploitation. Celui-ci fait fonctionner les applications et les logiciels disponibles sur le marché. Les systèmes d’exploitation les plus connus sur ordinateur sont Windows et Mac OS. Les téléphones intelligents font le plus souvent appel à iOS et Android. Tous utilisent des langages de programmation différents, parmi lesquels on retrouve Java, le C et Swift, entre autres.

Pour traduire un logiciel donné d’un langage à un autre, on fait généralement appel à des services web. «Un service web, c’est en fait une façon standardisée de communiquer avec un serveur. N’importe quelle plateforme peut utiliser ces protocoles, qui sont indépendants du langage de programmation », ajoute Bram Adams

Pourquoi le multiplateforme?

Certaines entreprises technologiques décident cependant de publier leur logiciel sur une seule plateforme. La portée d’une application sur les téléphones Apple, par exemple, est beaucoup plus grande, illustre la professeure en marketing à l’École des sciences de la gestion, Sandrine Prom Tep.

« Développer sur iOS est plus balisé et uniforme que sur les différents appareils Android, ce qui facilite le développement pour les entreprises. Développer sur plusieurs plateformes multiplie les coûts de développement, et, selon les marchés visés, ne peut toujours se justifier, car les publics cibles sont majoritairement sur iOS », fait-elle remarquer.

En fournissant des jeux vidéo mobiles sur iOS, Android, ainsi que sur ordinateur, la compagnie de conception montréalaise Outerminds couvre donc un vaste marché. Pourtant, le multiplateforme n’implique pas d’immenses sacrifices selon Ghislain de Pessemier, cofondateur de l’entreprise: « Ça ne coûte pas beaucoup plus cher de toucher aux deux. En plus, en travaillant sur plusieurs plateformes en même temps, on économise beaucoup de temps. Les désavantages du multiplateforme sont vraiment minimes », constate-t-il.

Créé en 2014, le petit développeur s’est fait connaître en programmant le jeu PewDiePie: Legend of the Brofist pour le youtubeur Pewdiepie, qui possède la chaîne YouTube la plus suivie au monde. Ses trois jeux accessibles au public sont disponibles sur Android et IOS. Son premier jeu a même atteint le magasin en ligne Steam peu après sa sortie, ce qui permet d’y jouer sur n’importe quel ordinateur.

La vie des programmeurs d’Outerminds est particulièrement facilitée par l’usage du moteur de jeu Unity, qui utilise un éditeur commun afin de produire les jeux pour plusieurs plateformes différentes. «Pour le mobile, Unity est excessivement populaire, parce qu’il supporte justement le multiplateforme», résume Ghislain de Pessemier.

Une atteinte infinie 

Selon Bram Adams, si ce n’est pas déjà le cas, l’ensemble des logiciels seront, à l’avenir, multiplateforme, surtout en raison du support bonifié fourni aux développeurs par les services web, par exemple. Même les industries qui utilisent des logiciels embarqués, soit les logiciels qui exercent des fonctions à l’extérieur du domaine informatique, pourraient se voir envahies par le multiplateforme dans les prochaines années.

« Les logiciels dans les voitures ont peut-être un futur dans le multiplateforme. Chaque voiture a des logiciels différents présentement », précise-t-il. « Si une entreprise construit un excellent logiciel, elle pourrait le partager avec d’autres marques ».

Par exemple, si le logiciel de sécurité d’un constructeur automobile particulier se distinguait des autres, il pourrait être adapté pour convenir à d’autres manufacturiers.

Les instruments médicaux font aussi partie des potentiels instruments que le multiplateforme atteindra, selon Adams. Quoi qu’il en soit, l’évolution de l’informatique permet aujourd’hui d’améliorer l’accessibilité et l’efficacité associées aux mondes informatique et extérieur.

2 Comments

  • Belle photo pour ton article. Amitiés.

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