Conjuguer force et sensualité

mardi 25 avril 2017 3:18

Sport, danse ou mystérieux loisir nocturne? Le pole dancing est certainement méconnu du commun des mortels et les idées préconçues l’entourant sont souvent pour le moins trompeuses, car contrairement à la pensée populaire, il s’agit d’un univers sécurisant et sans jugements.

Par Audrey-Anne Blais

Se faire aller la féminité autour d’un mat… Cette activité m’a toujours semblé inaccessible malgré mon intérêt pour la danse, mais l’idée de l’essayer en tant que cobaye m’a immédiatement emballée. C’était définitivement une bonne occasion de me mettre au défi et de laisser s’exprimer la tentatrice en moi. C’est dans cet état d’esprit que je me suis rendue chez Pole Fitness Montréal afin de suivre le cours débutant avec la propriétaire de l’école, Julie Paillé.

Je me prépare et me sens déjà toute petite dans mes cuissards. J’avais constaté rapidement l’impressionnante carrure de Julie et je me doutais que mes imperceptibles biceps ne me mèneraient pas bien loin. Ma première tentative de pirouette me le confirme…

Le studio, un «Safe-space» ?

Une fois les jambes très maladroitement agrippées au poteau m’étant attitré, je suis vite retombée de mon nuage. Sexy, le pole dancing? Rarement la première fois, me rassure ma professeure. Tandis que cette dernière tournicote comme si c’était la moindre des choses, je tente tant bien que mal de ne pas m’effondrer comme une épave sur le plancher de bois franc. Heureusement, je ne suis pas seule à être affligée de cette insécurité. En plus, l’ambiance est des plus sécurisante alors que tout le monde arbore un grand sourire et que personne ne semble porter de jugement. «Le pole dancing au Québec, c’est une très petite communauté», note Julie Paillé, «On comprend vite qu’on gagne à s’entraider et à s’encourager continuellement.» C’est probablement pour cette raison qu’autant de femmes considèrent cette danse comme parfaite pour accroître leur estime de soi. Au même titre que les autres sports, la confiance augmente lorsqu’on s’améliore. «La particularité du pole dancing», précise Julie, c’est l’acceptation de son corps qui grandit de pratique en pratique».

Le pole dancing n’est pas un jeu d’enfant et le niveau de celle qui me montrera sa technique me laisse pantoise. «Étant donné le caractère nouveau du sport, le niveau évolue super rapidement», m’explique Julie Paillé. Ainsi, le niveau que l’on considérait comme avancé il y a à peine cinq ans est maintenant intermédiaire.  C’est une danse qui peut devenir très acrobatique et plusieurs aiment la comparer aux arts du cirque. Tout en créant un climat de séduction, on s’entraîne et on affine des muscles dont j’ignorais même l’existence. Pour ma part, j’ai certainement apprécié me prêter au jeu de l’envoûtement malgré mes déboires. Inversement à mes appréhensions, un studio de pole dancing est un environnement dans lequel tous et toutes peuvent se sentir à l’aise, peu importe leur physique et leur commodité. Je craignais évidemment que naissent des complexes en moi lorsque j’essaierais ce sport pour la première fois. Cela peut paraître étonnant, mais j’ai été marquée par la diversité des corps. Le climat permet à celles qui ne correspondent pas aux standards de beauté d’épouser leur féminitude sans gêne.

Faire sa place

C’est à la suite de ses études en danse à l’Université d’Alberta que Julie a ouvert l’établissement il y a une dizaine d’années. « Ça commençait à être très populaire dans l’ouest canadien lorsque j’y habitais», me raconte-t-elle, «Pourtant, à mon retour, il n’y avait pas ou très peu d’écoles».  Pole Fitness Montréal apparaît parmi les premiers établissements d’enseignement du pole dancing au Québec et il en existe maintenant plus d’une douzaine.

 

Les débuts du pole dancing comme sport n’ont évidemment pas été faciles. Les préjugés pleuvaient et pleuvent encore même si la réputation de cette danse sportive s’est grandement améliorée depuis le début des années deux-mille. Au départ, l’objectif était de se dissocier rapidement des bars de danseuses et de l’effeuillage. C’est entre autres pour cela qu’il existe des termes différents comme pole dancing et pole fitness. «Les pionnières n’osaient même pas porter des talons hauts parce qu’elles voulaient donner la bonne impression», m’annonce Julie. Tranquillement, mais sûrement, elles se sont approprié le côté sensuel. «Maintenant, on assume cet aspect-là et on est fier quand en plus d’accomplir un exploit sportif, les figures paraissent bien et sont séduisantes», établit-elle.

 

Quel avenir?

 

Après tout, il s’agit aussi d’un art, comme tout autre type de danse. En m’adonnant à ce sport et en m’entretenant avec une professionnelle, j’ai saisi que le pole dancing n’est vulgaire que dans l’imaginaire collectif. Pourtant, au Québec, il reste en marge et même la crème de la crème demeure dans l’ombre des autres athlètes. Certes, il s’agit d’une tendance très nouvelle et la plupart des sports se développent longtemps avant de gagner en popularité. Toutefois, de plus en plus de femmes semblent être attirées par cet univers qui  leur permet de prendre confiance en elles et de s’épanouir.

 

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