Le cercle vicieux des voyages

dimanche 11 mars 2012 1:14

Par Andrée-Anne Côté-St-Laurent, co-chef de section internationale

J’adore les aimants à frigidaire. Enfin, j’adorais ça avant qu’on m’en offre une pour la première fois, une genre de photo panoramique de Dallas, au Texas. C’était pour rigoler, bien sûr, mais ça m’a fait réfléchir.  À moins que ce soit la tradition spéciale pour matante Aline, je ne pense plus qu’on puisse être fier de ramener de Miami des aimants à frigidaire! Alors, oui, ça me fait toujours sourire quand je repense à mes efforts grandioses pour trouver des «déco à frigo» personnalisées, lorsqu’en quatrième secondaire, j’ai mis le pied pour la première fois sur le Vieux Continent, en Espagne.

Madrid explosait alors de petits toros décapsuleurs de bière ou porte-alliance, Barcelone de petits lézards en bois picotés de multiples couleurs, symbole fétiche de la ville et emblème du fameux Parque Guëll.  À Palma de Majorca, dans les Îles Baléares, c’était les aimants-bibelots, qui ne peuvent pas tenir une pile de papiers de rendez-vous, parce que si peu magnétisés, ils tombent sous leur poids et se fracassent. Dommage. Non mais, j’avais fait beaucoup d’efforts pour rapporter quelque chose de significatif pour chaque membre de ma famille, pour tout le monde qui avait contribué à mon voyage à coups de 5$, même mon petit frère.

Je parle des aimants à frigidaire, mais il existe bon nombre de souvenirs quétaines, de ramasse-poussières que tu essaies d’agencer avec ta décoration quand tu le reçois, mais qui finit sur le bord de la fenêtre, derrière le rideau ou dans le sac «à donner» trois mois plus tard. C’est le cercle vicieux des voyages, auquel on contribue tous un peu. Vous avez sûrement déjà eu très envie de ramener une petite cuillère en or, un cierge d’une église d’une sainte du nom de votre grand-mère, un shooter I (coeur) NY, une photo développée et encadrée du haut de la tour Eiffel, un coton ouaté multicolore délavé qui n’a sa place qu’à Cap Cod parce qu’il se fond dans la masse ou des poupées russes aux couleurs d’un drapeau.

En tout cas, moi, on m’a bien avertie qu’on ne voulait plus que je ramène de trucs de même. «Garde ton argent pour toi là!» Bien, vous dites ça, mais vous aussi, faites donc pareil!

P.S. : Une carte postale, ça fait encore tellement plaisir… Si la photo est moche, au moins, on peut la tourner de bord.

 

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