Quand Mozart rencontre Spielberg

mardi 25 avril 2017 3:33

Nul besoin de parcourir les centaines de kilomètres qui séparent Montréal de New York. Depuis 2006, il est possible d’assister à des représentations du Metropolitan Opera (MET) en direct de plusieurs salles de cinéma canadiennes.

Par Etienne Masse

«C’est le paradis! Plus besoin d’aller à New-York pour voir de l’opéra!», mentionne Micheline, une admiratrice d’opéra rencontrée au Cineplex de Brossard, à la sortie de la projection de Rusalka présenté en direct du MET. «C’est incroyable de voir les détails des chorégraphies, les costumes qu’ils ont choisis, c’est inimaginable. Tu vois même la goutte de sueur descendre sur le front du ténor quand il chante sa note», raconte Guy Chauvin, aussi passionné d’opéra .

Le vice-président de la division Évènements chez Cineplex, Brad Ladouceur, croit que la diffusion d’opéra dans les cinémas facilite l’accès à un pan de culture autrement peu accessible. «On encourage les jeunes à découvrir l’opéra, à peu de frais. Un billet pour assister à une production en direct peut coûter plus d’une centaine de dollars tandis que ça coûte moins de 30 dollars pour le voir au cinéma», explique-t-il. «Nous encourageons toutefois les gens à supporter leurs compagnies d’opéra locales», ajoute l’homme d’affaires.

Une étudiante à la maîtrise en chant lyrique de l’Université de Montréal, Myriane Bourgeois, explique que la diffusion de ces oeuvres dans les salles de cinéma est une excellente façon de présenter l’opéra à un public qui ne s’y serait pas familier. «Cela peut inviter les gens qui n’en auraient pas les moyens à se sensibiliser à ce type d’art en voyant les grands interprètes de ce monde. Ça peut leur donner envie d’assister à des représentations en vrai, par exemple à l’Opéra de Montréal», souligne l’étudiante.

Derrière le rideau

Selon M. Ladouceur, l’expérience de visionnement proposée par la société nord-américaine Cineplex se différencie des représentations en direct par le rehaussement permis par la technologie. «Au lieu d’avoir deux yeux qui regardent la scène, il peut y avoir des dizaines de caméras», témoigne une abonnée aux diffusions d’opéras depuis 2006, Micheline Chauvin.

«La différence avec les diffusions du MET, c’est que le public a accès aux coulisses. Avant le spectacle, il y a des entrevues avec les chanteurs, le maître de cérémonie, les musiciens. Pendant les entractes, les chanteurs sont interviewés à leur sortie de la scène», souligne Brad Ladouceur. Anne-Marie, une autre abonnée, partage que cette opportunité de découvrir l’envers du décor fait toute la différence: «On ne voit pas ça quand on va au MET. Le rideau tombe et c’est tout».

Selon Brad Ladouceur, l’idée de diffuser des opéras contribue à l’enrichissement de la culture à travers le Canada. Elle encourage la diffusion d’autres types d’arts comme le ballet de Winnipeg et les Grands Ballets canadiens, également diffusés sur grand écran chez Cineplex. Il soulève que de toutes les provinces canadiennes, le Québec est celle où le niveau d’achalandage est le plus élevé. «Il y a une véritable passion pour l’opéra, au Québec», affirme avec fierté M. Ladouceur.

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