Africanité à la française

mardi 25 avril 2017 3:37

Par Myriam Eddahia

Un mélange de saveurs africaines se mêle à l’univers du «trap». Ce style musical originaire des états du sud des États-Unis, dont la Géorgie, la Louisiane et le Texas, glorifie en quasi-totalité le trafic de drogues et le mode de vie qui l’accompagne. Réapproprié par des rappeurs français comme MHD, «l’afro-trap» fusionne des techniques vocales avec des pistes instrumentales venues de ghettos afro-américains. La recette implique une tasse de «dirty south», un litre de rap et une tonne de rythmes qui rappellent la variété des danses africaines.

Des cinq coins de la France aux terres d’Afrique, l’«afro-trap» réunit sous un même toit ces deux vagues musicales, créant ainsi un style nouveau. Ce métissage entre la musique électronique et divers instruments traditionnels permet de partager et de célébrer l’héritage africain en le mariant à la musique populaire d’aujourd’hui.

MDH, alias Mohamed Sylla, partage son héritage culturel au profit du rap. C’est d’ailleurs ce qu’il avait prouvé sur  la scène des FrancoFolies de Montréal, lors de son passage, le 15 juin dernier. Ce mélange musical offre aux auditeurs une perspective inédite sur le monde du rap. À ce jour, la série AFRO TRAP de MHD comprend huit chansons dont «La Moula», «La puissance» et «Champions League».

Des sons imitant le tama, un instrument de percussion de l’Afrique de l’Ouest, le kalimba, un «piano à pouces» ou encore le balafon, parent du xylophone, démocratisent les ambiances africaines. Ce type de rap africanisé véhicule, ainsi, des traditions moins connues des jeunes provenant des actuelles sociétés nord-américaines. Ces rythmes nous rappellent le soleil et les chaudes températures du Mali, du Sénégal, du Nigéria et de la Guinée, pour ne nommer que ceux-là.

Ceux qui diront que la modernité et la tradition ne peuvent pas s’harmoniser ont tort. Qui aurait cru pouvoir rouler du bassin sur du rap?

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