Grandir et vieillir en famille

mardi 25 avril 2017 4:21

Vivre avec son conjoint ou sa conjointe, ses enfants, ses grands-parents et ses petits-enfants en même temps; voilà le mode de vie que proposent les maisons intergénérationnelles, une forme d’habitation de plus en plus présente au Québec.

Par Léa Viens

Ces propriétés, qui facilitent la cohabitation de plusieurs générations et permettent également le partage de certains frais fixes comme l’électricité, la connexion Internet et le câble affectent également la vie sociale de leurs résidents. C’est d’ailleurs ce qu’a pu constater la famille Gendron-Boivin lorsque leur résidence unifamiliale s’est transformée en maison intergénérationnelle, en juillet 2016.

Sylvie Gendron, 54 ans, habitait le rez-de-chaussée d’un triplex du quartier du Vieux Nord de la ville de Sherbrooke avec sa fille Eva. Son conjoint, Yvan Juneau, également dans la quarantaine, habitait avec sa fille Émilie, âgée de 35 ans, lorsque le logement au-dessous de celui de Mme Gendron s’est libéré. Il a donc emménagé au rez-de-chaussée, et Émilie a pu prendre le logement libre à la cave avec son enfant, la petite Naomie. Depuis, trois générations vivent sous le même toit, formant une grande famille reconstituée.

Même si la plupart des maisons intergénérationnelles sont habitées par des grands-parents et leurs enfants, la cohabitation reste tout aussi enrichissante lorsqu’elle inclut des enfants en bas âge selon la fille de Sylvie, Eva, aujourd’hui âgée de 19 ans.

«Je pense qu’à l’image d’Yvan, c’est surtout de Naomie, la petite fille de  quatre ans d’Émilie dont nous nous sommes rapprochés. Quand elle était jeune, c’était un bambin plutôt « sauvage » ; en déménageant ici, elle a été davantage encadrée et son développement va beaucoup mieux. Elle est devenue sociable, extravertie, drôle, même. Je l’aime beaucoup», raconte l’étudiante, un grand sourire aux lèvres

Pour Yvan, à la fois conjoint, père et homme à tout faire dans une maison de soins palliatifs de Sherbrooke, c’est une chance de pouvoir habiter avec sa petite-fille. Il affirme même que cela lui permet, d’une certaine façon, de revivre l’enfance de sa propre fille, et qu’il remarque beaucoup de ressemblances entre le comportement de celle-ci et celui de sa petite-fille.

Cette proximité est observable également entre les enfants, devenus adultes, et leurs parents.«Je me suis beaucoup rapprochée d’Yvan. est toujours là pour moi, pour m’écouter, pour m’aider, pour vivre mes joies et mes peines. Dans mon cœur, je sais que j’ai le meilleur papa du monde», confie la jeune femme avec émotion.

En plus des avantages économiques, la proximité entre les membres de la famille permet de rendre des services plus facilement ; par exemple, il arrive souvent qu’Eva garde sa nièce Naomie lorsque sa mère va s’entraîner. Sylvie, pour sa part, cuisine souvent pour tout le monde. Par contre, cette proximité a aussi ses désavantages : elle peut menacer l’intimité des membres de la famille, et c’est pourquoi il est parfois important d’établir des limites. Eva et sa mère Sylvie doivent par exemple établir des règles avec la petite Naomie afin qu’elle comprenne que certains objets ou certains espaces ne lui appartiennent pas.

Ce problème n’effraie pourtant pas Yvan, qui trouve pour sa part que ce contact égaie la maison, et ajoute affectueusement qu’«il n’y a pas de prix qui se compare aux valeurs humaines».

 

 

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