Histoire de bouton

mardi 25 avril 2017 4:37

Laurence Vachon

Savez-vous comment coudre un bouton? Parce que moi non.

Toutes les femmes de ma famille, en partant de la première Fille du Roy qui est venue s’installer en Nouvelle-France (je dis ça, je suppose un peu, c’était peut-être une Iroquoise) ont toujours su coudre. Et cet art-là va s’arrêter à moi, jeune femme moderne qui n’a pas cru bon demander comment on utilisait ça, du fil et une aiguille.

Pourtant, j’ai toutes les ressources nécessaires. J’ai la chance d’avoir encore deux grand-mères. Pourquoi n’ai-je jamais cru bon échanger plus de connaissances avec elles? Après l’enfance, on croit souvent tout savoir et que c’est à nous de faire connaître aux plus vieux ce qui se passe.

Nos aïeux sont continuellement mis de côté dans notre société. Alors qu’ailleurs, les aînés terminent souvent leurs jours dans la maison familiale, pris en charge par leurs proches, au Québec, la culture du CHSLD s’est imposée.

L’isolement, ça fait mal, mais pas seulement aux personnes âgées. Ça fait mal à toute notre culture et histoire populaire, lentement effacée de notre mémoire collective et pas assez stimulée. Ça mène à des ti-gars qui ne savent pas changer un pneu, et des tites-filles qui ne savent pas faire un bas de pantalon (pardon pour les stéréotypes; vous voyez où je veux aller).

Il n’y a pas que nous, les jeunes, qui pouvons être utiles aux personnes âgées en leur montrant comment utiliser Facebook et cellulaires. Eux aussi peuvent nous venir en aide en nous montrant des apprentissages qui se sont un peu perdus avec le temps, et qui peuvent nous être fort commodes. La vie en société, c’est un échange constant de connaissances, de cultures, de biens et de respect. Un peu comme la vie en famille.

Je pense qu’il est temps d’aller chercher du fil et une aiguille.

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