Darija

mardi 25 avril 2017 6:53

Par Maude Petel-Légaré

Pour enrichir ma compréhension du monde arabe, j’ai décidé d’étudier au Maroc le temps d’un semestre. Quelle belle expérience que de vivre à l’étranger! Je fais de mon mieux pour apprendre l’arabe, et c’est pourquoi je suis ici. Mais, l’arabe classique n’est pas une langue employée par un groupe distinct. Elle sert plutôt d’instrument de communication, mise en place par les médias et le monde diplomatique.

Les Marocains s’expriment en darija, un dialecte fusionnant plusieurs langues autrefois parlées dans le pays.

Quand je me balade dans les rues, diverses calligraphies ornent les murs. L’arabe reconnaissable par ses lignes sinueuses se mêle au berbère, une écriture aux formes géométriques, et au français.

Elles dépeignent ensemble une atmosphère absolument charmante.

Mais la darija n’est pratiquement pas représentée.

«La langue officielle c’est l’arabe, la deuxième langue c’est le français, et la langue berbère est apparue nouvellement pour assurer l’intégrité du peuple berbère», m’explique un confrère marocain.

Malgré une forte volonté auprès de la communauté marocaine de faire du  dialecte darija une langue officielle, elle n’est toujours pas considérée légitime dans les rapports officiels et académiques par le régime en place.

Mais, peu à peu, la société évolue.

Des publicités et certains médias commencent à utiliser «la langue du peuple».

Pour atteindre une plus grande partie de la population, l’ancien Premier ministre du Royaume, Abdelilah, Benkirane, avait même commencé à utiliser la langue populaire dans ses discours.

L’utilisation massive d’internet a fait progresser  l’écriture du darija. Et des cours de darija sont offerts, sont offerts aux étudiants étrangers comme moi.

Avec regret, je constate mon échec de ne pas avoir choisi d’apprendre cette langue vernaculaire. Bien que les gens me comprennent avec l’arabe classique, je ne peux pas m’intégrer complètement. Je ne parle pas leur langue. Depuis quelque temps, je mâchonne quelques mots en darija. Des visages s’illuminent; ils sont heureux d’entendre qu’une étrangère s’intéresse à leur culture. Avoir su, j’aurais fait autrement.

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