Un pays ouvert aux unions interreligieuses

mardi 25 avril 2017 7:07

Depuis plusieurs années, la diversité ethnique est en expansion au Canada. De cette hausse résulte l’augmentation des unions interreligieuses au pays.  Selon les données de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, on peut conclure qu’environ 360 045 couples, soit 4,6% des couples canadiens, étaient en unions mixtes. Il s’agit d’une hausse de 2% depuis 1991.

Par Camille Robillard

Il n’est pas toujours facile pour un couple interreligieux d’officialiser leur amour devant la religion. Cependant, le Canada, tente d’éliminer toute discrimination à cet égard.

Même si les écrits religieux ne prônent pas l’union interreligieuse, il est fréquent que deux personnes de religions différentes s’unissent. Or, les procédures diffèrent d’un mariage à l’autre. Lors d’une union entre un catholique et un non-catholique, «ce dernier n’a pas besoin de se convertir. Il faut seulement s’assurer qu’il respect le choix et comprenne le désir de son ou sa conjointe», soutient Alain Vaillancourt, curé à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal. Une fois que le désir catholique est compris, la procédure est la même que s’il s’agit d’un mariage entre deux individus partageant les mêmes croyances. « Par la suite, on leur pose les mêmes questions qu’aux catholiques : Est-ce que vous désirez des enfants? Est-ce que c’est pour la vie? Toutes les questions de base » informe-t-il.

Dans la religion juive orthodoxe, les deux partenaires doivent partager les mêmes croyances s’ils souhaitent être mariés par un rabbin, et ce, sans exception.

L’accord et le désaccord d’Allah

Les musulmans sont également en droit de s’unir avec quelqu’un qui ne pratique pas l’islam. C’est donc une possibilité pour le jeune couple de Saint-Jean-sur-Richelieu, Omar Essoulimani et Laurence Messier. «Selon les écrits du prophète, on a le droit de se marier avec ce qu’on appelle les autres gens du Livre, donc les gens des autres religions monothéistes comme le christianisme et le judaïsme», explique Omar. Toutefois, selon la charia, cette permission n’est pas applicable lorsqu’il s’agit d’une femme musulmane et de son partenaire non-musulman.

«Au Canada, sur le plan civil régi par les lois canadiennes, une femme musulmane a les même droits qu’un homme musulman. Pour une musulmane, qui veut épouser un non-musulman, cela devient une question d’attachement à la charia comme guide de vie dans une société moderne égalitaire» nuance Jean-René Milot, professeur au département de sciences des religions à l’Université du Québec à Montréal.

Une autre particularité de la religion musulmane est que les pratiquants doivent absolument être mariés pour entretenir une relation à long terme. «Je ne pourrais pas être conjoint avec Laurence. Si on veut avoir des enfants et tout, le mariage est fondamental», ajoute Omar. Or, vu leur jeune âge, ils ne sont pas pressés de s’engager: ils souhaitent finir leurs études et s’installer avant de commencer à y penser.

Je l’aime, il m’aime, on s’aime

Même si les couples interreligieux doivent s’adapter au mode de vie de chacun des membres de l’union, que ce soit en ce qui a trait aux habitudes quotidiennes, à la tenue vestimentaire ou aux décisions prises à l’égard des enfants, le mariage interreligieux est un acte, à quelques exceptions près, validées par les lois canadiennes. Parce que, après tout, l’amour n’a pas de religion.

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