L’important, c’est de participer

mercredi 26 avril 2017 8:46

Pour le jeune sportif, l’importance de participer est capitale et plus tard, lorsqu’on encourage un jeune à performer, la motivation devient essentielle. 

Par Marc-Antoine Malo

L’idée de performance accompagne le jeune sportif québécois dès son entrée à l’école primaire. Toutefois, la saine participation est aussi encouragée par les experts sportifs qui s’occupent des jeunes, ce qui génère certains désaccords à savoir lequel des deux principes doit avoir la priorité.

La performance passe par la motivation pour l’entraîneur de football des écoles secondaires Bernard-Gariépy et Fernand-Lefebvre, René Jr. Laferté. «C’est de la performance individuelle; il faut pousser le jeune à croire en ce qu’il est capable de faire», affirme l’entraîneur.

Puisque l’inscription dans les équipes sportives au secondaire se fait sur une base volontaire, l’entraîneur s’attend à voir des jeunes désirant se surpasser. La performance n’est par contre pas établie comme valeur inéluctable.  Laferté prône particulièrement l’amélioration. «On établit ce que le jeune est capable de donner, puis on exige que ce niveau-là soit toujours le plancher et non pas le plafond», explique-t-il

Le psychologue sportif Richard LaChance voit la situation d’un autre œil en amenant un concept?: les potentiels exceptionnels. Selon la théorie de la courbe de la normalité, 20% de la population posséderait un potentiel dit exceptionnel dans un domaine en particulier. Partant de cette théorie, le psychologue croit qu’il faut identifier les jeunes ayant un talent particulier, mais qu’il ne faut pas les «pousser dans le dos», avant l’âge de six ou sept ans. Le passage de l’école primaire à l’école secondaire constituerait la limite où la participation l’emporte encore sur la performance, selon LaChance.

Un âge charnière

La compétition est également importante pour le développement du jeune. «Dans la compétition, il y a beaucoup d’apprentissages qui se font,  on apprend beaucoup sur soi-même. On développe des habiletés pour être capable de performer», soutient le psychologue sportif Jonathan Lelièvre.

Le professeur d’éducation physique à l’école primaire Saint-Jean-Bosco, Éric Fréchette, partage le même point de vue. Ayant voyagé dans quelques pays, dont la Suisse, pour entraîner des équipes élites de basket-ball, celui-ci dit ne pas voir d’intérêt à exiger la performance d’un jeune avant la première année du secondaire.

C’est justement au niveau secondaire que l’idée de performance fait sa place au Québec, s’accompagnant des populaires programmes de Sport-études. On dénombre 450 de ces programmes répartis dans 45 établissements à travers la province, selon le gouvernement du Québec. Quelque 30% de la grille horaire de l’étudiant est consacré à la pratique sportive, ce qui encourage le jeune non seulement à participer, mais aussi à performer.

La participation est toutefois ce qui semble primer pour les enfants en bas âge. Ceux-ci prennent plaisir à faire du sport et développent ensuite un intérêt qui pourra se changer en performance, explique Jonathan Lelièvre.

Le professeur de sport ou l’entraîneur joue un grand rôle dans la progression sportive de l’enfant et se doit de l’influencer positivement. « Il faut leur donner un cadre […] leur montrer ce qui est à faire, ce qui est à ne pas faire au niveau des règles, et les laisser s’amuser. Je pense que s’ils ont du plaisir à jouer, ils auront ensuite du plaisir à s’investir », soutient Éric Fréchette.

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