L’homéopathie : (pseudo)science (in)efficace?

lundi 1 mai 2017 4:59

Cette médecine douce apparue au 18e siècle se base sur le principe controversé selon lequel «les semblables sont soignés par les semblables».

Gabriel Bernier

Selon les adeptes de cette médecine, l’homéopathie pourrait aider les sportifs à améliorer leurs performances, ce que la communauté scientifique dément catégoriquement.

L’homéopathie est fondée sur la «loi de la similitude» selon laquelle «on peut guérir une maladie dont on connaît les symptômes en administrant au patient un produit qui provoque les mêmes symptômes chez un sujet sain», explique le professeur au département de psychoéducation de l’Université de Montréal et spécialiste des pseudosciences, Serge Larivée. De petites doses d’arsenic, substance qui cause de la détresse respiratoire, pourraient ainsi guérir l’asthme.

«Les athlètes utilisent essentiellement l’homéopathie pour favoriser la guérison des blessures», explique l’homéopathe Chantal Héaulmé. Elle ajoute que les athlètes sont portés à utiliser ce genre de remèdes, pour éviter d’utiliser des produits dopants.

Doutes scientifiques

Serge Larivée et ses collègues ont analysé la littérature scientifique portant sur le sujet et en sont arrivés à la conclusion que l’homéopathie est totalement inefficace. Le professeur remet notamment en cause la deuxième loi de l’homéopathie, le principe de dilution, selon lequel plus la dose est diluée, plus le remède sera efficace.

«À 30 ch, mesure qui correspond à une dilution [commune en homéopathie], la solution correspond à une goutte de produit dans un milliard de milliards de milliards de milliards de fois toute l’eau de tous les océans de la planète, clame Serge Larivée. Si les homéopathes ont raison, le meilleur médicament serait l’eau, parce qu’il ne reste rien dans leurs médicaments», poursuit-il.

«Les scientifiques ont raison. Au niveau moléculaire, il n’y a rien», reconnaît l’homéopathe Samantha Gadbois. Cela dit, elle explique que les remèdes homéopathiques agissent plutôt comme «une fréquence envoyée au corps», qui reçoit et décode ensuite le message. C’est ce que les tenants de cette théorie désignent comme le principe de la mémoire de l’eau.

Effet placebo?

Selon Chantal Héaulmé, trop de personnes sont soulagées ou guéries par l’homéopathie pour qu’elle agisse uniquement comme placebo. «En homéopathie, on peut traiter les problèmes psychiques, ce qui contribue ensuite aux performances physiques», renchérit Samantha Gadbois.

Pour Serge Larivée, l’homéopathie agit tout au plus comme effet placebo. «Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a beaucoup de maladies qui guérissent spontanément. Alors, que tu aies utilisé l’homéopathie ou pas, tu aurais guéri de toute façon. Comme les homéopathes n’ont pas les aptitudes scientifiques, ils ne peuvent pas le démontrer», rectifie-t-il.

Comment expliquer la popularité croissante de l’homéopathie malgré les doutes raisonnables qui l’entourent? «Pour fonctionner, le cerveau a besoin de sens. Et ce qui a du sens rapidement, ce sont les croyances. Vous n’avez pas idée à quel point croire fait du bien», conclut Serge Larivée.

 

 

 

 

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