Alliées ou ennemies?

samedi 18 novembre 2017 12:39

Lorsque maîtrisées, les superstitions sportives peuvent définitivement servir de moteur pour plusieurs athlètes.

Par Marcia B. Duranceau


Tout athlète gagnerait à se demander si les superstitions qu’il adopte comportent des paramètres contrôlables, parce que bien qu’elles soient apaisantes pour certains, elles peuvent rapidement devenir nuisibles pour d’autres.

Dr Jeffrey Caron, diplômé en psychologie du sport et de l’exercice à l’université McGill, considère qu’une superstition sportive devrait plutôt être appelée routine. «Je n’aime pas le terme “superstition, explique-t-il.  À mes oreilles, ça sonne comme le synonyme d’une routine malsaine menée à l’extrême». Selon lui, les routines peuvent affecter une performance de manière positive ou négative.  Dans certains cas, elles conduisent les athlètes au développement d’une confiance accrue.

C’est le cas de Helody Cyrenne, une gymnaste et ancienne membre de l’équipe canadienne, qui représente actuellement l’université Brigham Young, en Utah. «Je mets toujours le même gant en premier aux barres, affirme-t-elle.  Si je ne mettais pas le bon gant en premier, je me rendrais compte que quelque chose d’anormal est en train de se passer, donc j’enlèverais mes gants, et je les remettrais».

«La création d’un ensemble de comportements normalisés est réconfortante pour les athlètes», poursuit Dr Caron. Selon lui, les routines rassurent les athlètes, font partie de leur préparation et leurs permettent d’être mentalement prêts.

Marc-Olivier Duquette, un hockeyeur d’une équipe de la Ligue de hockey junior Majeur du Québec, les Voltigeurs de Drummondville, a constaté que les routines apportaient un certains confort à ses coéquipiers ainsi qu’à lui-même. «Le hockey, c’est tellement un jeu de hasard qu’on aime contrôler ce qu’on peut contrôler le plus possible. En se créant une routine, on s’assure que notre préparation est adéquate et que rien n’est laissé au hasard», affirme celui qui a récemment participé au camp principal des Maple Leafs de Toronto.

Hors de contrôle

Pour d’autres athlètes, les superstitions sportives peuvent s’avérer néfastes lorsqu’elles prennent des proportions démesurées.  Selon Dr Caron, une superstition qui implique d’autres personnes que l’athlète lui-même pourrait, par exemple, être qualifiée de malsaine.  Il fait référence, entre autres, à deux joueurs de soccer qui auraient l’habitude de se serrer la main avant chaque partie. Si l’un des deux joueurs ne pouvait pas se présenter à une partie, l’autre pourrait être affecté négativement étant donné qu’il ne pourrait pas combler sa superstition.  

Par ailleurs, faire une sieste toujours à la même heure juste avant une partie ou une compétition pourrait devenir problématique. «Qu’adviendrait-il si une partie avait exceptionnellement lieu à 16h, alors qu’elles ont normalement toujours lieu à 19h?», questionne Dr Caron.

Selon le psychologue sportif, les athlètes ont avantage à être flexibles par rapport à leurs routines.  Jeffrey Caron avance qu’une inflexibilité peut affecter une performance de façon négative avant que quoi que ce soit qui compte vraiment ait été commencé.  En bref, «les routines constituent un aspect sportif positif, sauf lorsqu’elles sont menées à l’extrême et lorsqu’elles impliquent des choses qui échappent au contrôle des athlètes», ajoute Dr Caron.

*Les propos du Dr Jeffrey Caron ont été traduits de l’anglais.

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