L’agriculture à l’heure des changements climatique

samedi 18 novembre 2017 2:33

Au Québec, le travail des cultivateurs est dérangé par les conditions météorologiques variables.

Par François-Alexis Favreau


Le réchauffement climatique affecte les ressources agricoles québécoises. Si certains cultivateurs se réjouissent des hausses de température, d’autres en subissent les contrecoups sur leurs cultures.

On observe un gain de vingt jours supplémentaires de croissance pour les plantes comparativement à 1971, selon Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Cette information a été divulguée dans un communiqué sur le site de l’UPA. Il est désormais possible de produire du maïs au Lac Saint-Jean et du soya au Témiscamingue grâce au réchauffement du climat, ce qui était impossible avant 2017.

D’autre cultivateurs ont été touchés négativement par les changements climatiques. «Cette année, pendant la saison de culture, plusieurs épisodes de grêle sont survenus dans certaines régions du Québec, affectant les récoltes et les rendements de l’année», observe Isabelle Veillette, agronome pour la Financière agricole du Québec. Au sud-ouest du Québec, les grêlons ont ravagés les champs de soya et de blé sur un corridor d’une superficie de près de 10 000 hectares. Cette catastrophe a mis en péril les productions maraîchères de la plaine d’Hébertville, de St-Bruno et du secteur du lac Kénogami. «Inversement, dans le Bas Saint-Laurent, les cultivateurs ont enregistré un nombre record de faibles précipitations en juillet», se souvient Mme Veillette. La  sécheresse a durée plus de sept semaines et a appauvri la production agricole de la région.

Les consommateurs, dans le champ?

Même si le réchauffement climatique permet de cultiver plus longtemps pendant une saison agricole, le Québec dépend encore des importations pour se nourrir, affirme Mme Veillette. Plus de la moitié de nos aliments proviennent du commerce international. Cela n’a pas toujours été le cas, particulièrement à l’époque de Samuel de Champlain, alors que nos ?besoins alimentaires n’étaient pas du tout les mêmes, analyse Denise Proulx, chargée de cours et recherchiste à l’Institut des sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Montréal.

Mme Proulx précise que ce sont les habitudes alimentaires des québécois qui expliquent le haut taux de ces importations. Des oranges, des asperges et des mangues sont disponibles dans les épiceries québécoises en plein mois de novembre, selon les besoins des consommateurs. La chargée de cours s’interroge sur le libéralisme alimentaire et sur l’aspect mercantile derrière les denrées comme le café. «Si on considère que manger ce qu’on veut et quand on le veut est un droit du consommateur, alors assurément, ces importations sont essentielles», élabore-t-elle. Toutefois, l’industrie biologique et locale connaît une expansion lente, mais régulière. Au Canada, le Québec affiche la plus grande croissance dans ce secteur, d’après les études de Statistique Canada et de Organic culture in Canada, se réjouit Denise Proulx.

Chaque jour, les effets du réchauffement climatique deviennent un peu plus tangibles, alors que le gouvernement n’en fait pas assez pour pallier aux problèmes engendrés par ces changements, selon Mme Proulx. «On se contente de fournir une compensation en assurance-revenus si la récolte est mauvaise à cause du climat», constate  l’experte en environnement, qui suggère plus d’investissements en recherche de la part de nos gouvernements.

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