Un double combat

samedi 18 novembre 2017 1:13

Les femmes à double minorités sont sous-représentées dans la sphère politique Québécoise.

Par Charlie Leclerc


Les femmes à double minorités occupent une place minime au sein des institutions politiques québécoises. Sur les 124 élus qui siègent actuellement à l’Assemblée nationale du Québec, il n’y a que 36 femmes dont seulement trois faisant partie d’une minorité visible.

Une étude sur les perceptions et les représentations des élus issus des groupes minoritaires à Montréal et réalisée par le département de science politique de l’Université du Québec à Montréal, démontre que les facteurs qui nuisent à la représentativité et à l’intégration politique de ceux-ci sont souvent les mêmes; le système politique déjà considéré comme un boys club, les responsabilités familiales qui s’imposent aux femmes ainsi que leur statut politique marginal.

«Il a déjà été prouvé qu’il est plus difficile de convaincre les femmes de se lancer en politique», explique Manon Massé, co-porte-parole de Québec Solidaire vivant elle-même une double minoritée dû à son homosexualité. Il est donc évident que les obstacles sont plus importants pour les femmes racisées qui vivent une pression beaucoup plus lourde lorsqu’elles sont dans l’espace public, selon elle.

En 2011, les femmes associées à une minorité représentaient 19,3% de la population féminine canadienne totale, selon Statistiques Canada. «Il est évidemment important d’avoir plus de personnes minoritaires afin de respecter au moins le pourcentage de la population qu’elles représentent, mais aussi parce qu’elles permettent d’exposer des réalités, leurs réalités, qui sont trop souvent invisibles dans les débats publics », affirme Mme Massé.

Une fois dans l’antre

Bien qu’elles soient sous-représentées dans le domaine politique, les femmes à double minorités ne sont pas nécessairement mal menées par rapport à leurs homologues masculins caucasiens, avance Stéphanie Casimir, la candidate d’origine haïtienne du district Ovide-Clermont au poste de conseillère d’arrondissement pour Projet Montréal. «Au cours de ma vie, j’ai vécu des discriminations, mais dans mon cheminement politique, les gens que je rencontre sont ouverts, accueillants, peu importe leurs groupes d’appartenance»,  raconte Mme Casimir.

La visibilité et la crédibilité accordées aux minorités féminines sont également des facteurs d’importance selon les deux politiciennes. «Une femme qui prend la parole ou qui prend une décision est jugée en fonction de son appartenance, c’est-à-dire au fait d’être une femme, d’être noire, d’être lesbienne. Le cadre d’analyse et la perception sont toujours en fonction de cela, ce qui n’est pas le cas pour les hommes», ajoute Caterine Bourassa-Dansereau, enseignante au département de communication sociale et publique de l’UQAM.

Des moyens tels que l’adoption d’un système de parité ou de quotas existent pour permettre à ces femmes de faire leur place en politique. Ces moyens sont discutés à l’Assemblée nationale du Québec, affirment les trois femmes, mais ne sont pas pris en charge par les gouvernements actuels au Québec et au Canada.

 

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