Ces migrants qui construisent les Émirats arabes unis

samedi 18 novembre 2017 1:23

Les travailleurs étrangers subissent de mauvaises conditions de travail aux Émirats arabes unis.

Par Éloi Fournier


Des migrants en provenance de l’Inde et des pays voisins sont sujets à des conditions de travail difficiles, au profit de l’essor économique des Émirats arabes unis, bien que le pays soit en développement depuis plusieurs années.

Ces travailleurs indiens tentent d’obtenir de meilleures conditions de vie en s’expatriant aux Émirats arabes unis. Pour ce faire, ils doivent composer avec des situations difficiles,  comme le mentionne la coordonnatrice de l’Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à la Chaire Raoul-Dandurand, Hanieh Ziaei. Selon elle, les travailleurs migrants n’ont aucun droit et ne bénéficient d’aucune protection dans ce pays.

«L’acceptation de ces conditions difficiles s’explique par le fait qu’ils n’ont pas d’autres choix et qu’ils sont venus pour travailler, peu importe les conditions difficiles auxquelles ils sont confrontés au quotidien», rapporte Mme Ziaei.

Aujourd’hui, il semble que la situation en place ait peu changée. Le rapport 2014 de Human Rights Watch mentionne que les ouvriers migrants sur le chantier de l’île de Saadiyat, dont l’économie est principalement basée sur le tourisme de luxe occidental, n’ont pas été payés pour leurs efforts. Pourtant, c’est la construction de cette île qui permettra aux Émirats arabes unis d’accueillir des succursales de musées comme le Louvre et le Guggenheim, ainsi qu’un campus de l’Université de New York.

Le journaliste néo-zélandais basé à Dubai, Zane Small, explique que le racisme est différent là-bas. «En Occident, c’est la supériorité blanche qui définit le racisme. Mais aux Émirats arabes unis, c’est basé sur l’infériorité des Indiens», affirme-t-il, en ajoutant que ceux-ci sont victimes d’abus et de discrimination, en général par la population locale. D’autant plus, il leur est impossible de devenir citoyens des Émirats arabes unis, même s’ils s’y établissent à long terme. Cela s’explique par une loi émirienne qui oblige la transmission de la nationalité par le père. Les résidents d’origine arabe doivent attendre sept ans pour pouvoir l’obtenir, alors que  tous les autres doivent attendre 30 ans.

Zane Small ajoute également que les salaires accordés aux Indiens établis aux Émirats arabes unis sont moins élevés que ceux d’Émiratis ayant des postes moins élevés. Comme ils ne peuvent devenir citoyens, l’égalité salariale ne peut leur être garantie. Hanieh Ziaei souligne quant à elle que les conditions de travail sont catastrophiques et le traitement réservé à ces travailleurs migrants est fortement questionnable. Les travailleurs sont notamment sous-payés et doivent souvent vivre dans des espaces très restreints. L’ingénieur en structure chez SNC-Lavalin, Jean Desjardins, a travaillé plusieurs fois aux Émirats arabes unis. Il y a constaté que le travail manuel est effectué presque exclusivement par des migrants. «Il n’y a pas d’habitants qui va utiliser une pelle, ou même manœuvrer une machine sur un chantier, constate-t-il. Presque 90% des gens qui font du travail manuel là-bas sont des gens de l’étranger».

Les Émirats arabes unis s’ouvrent au monde depuis plusieurs années. Or, il reste encore du travail à faire sur le plan des droits humains dans ce pays. Les Émirats n’ont pas encore rejoint les pays occidentaux quant aux conditions de travail et au traitement des habitants étrangers.

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