Parcourir les kilomètres québécois  

samedi 18 novembre 2017 2:05

Le transport est-il vraiment si facile au Québec?

Zoé Bellehumeur

Quand j’étais adolescente, un de mes plus gros problèmes était de me déplacer. Mes parents habitent sur la rive-sud de Montréal où les transports en communs sont presque inexistants. Le billet pour se rendre jusqu’au terminus Longueuil coûte un gros 9$ et l’arrêt d’autobus est à une heure à pied de leur maison. Même chose pour mon travail étudiant, mon cours de danse et les maisons de mes amis. Ainsi, si maman ne m’amenait pas en voiture, je devais marcher pour longtemps, débourser des tarifs exorbitants pour les taxis ou dévaler les pentes montérégiennes en vélo lorsque la température le permettait.

Aujourd’hui, j’habite sur l’île de Montréal, mais voulant souvent sortir de la ville pour goûter à un peu de nature, je refait face au même problème qu’à adolescence à chacune des mes escapades.

Il y a un an, mon copain et moi, tous les deux sans permis de conduire, avons décidé d’aller en camping au Lac Saint-Jean durant nos vacances d’été. Petit problème: 70 kilomètres nous séparent de notre campement à la gare terminale du train que nous prenons, dont les billets nous ont déjà coûté quelques centaines de dollars. Aucun autobus, aucun covoiturage et aucune maman à l’horizon ne sont là pour nous aider.

Nous décidons d’apporter nos bicyclettes. Google Maps nous indique qu’en seulement trois heures nous serons arrivés. Avec nos immenses sacs plein de matériel de plein air sur le dos, des pentes à n’en plus finir, et nos cuisses moyennement entraînées, le voyage nous a pris le triple du temps.

Cette année, pour nous épargner les douleurs fessières durant notre camping proche de Baie Saint-Paul, nous avons décidé de parcourir les 40 km qui séparent notre campement à l’arrêt d’autobus en pouce. Ce ne fut pas une tâche facile et nous en avons vu des voitures passer sans s’arrêter. Nous avons croisé le découragement sur la route à plusieurs reprises.

Bien que ce sont des expériences inoubliables, il reste que les transports québécois sont extrêmement limités et dispendieux à l’extérieur des grandes villes de la province pour les personnes sans automobile. Que ce soit pour des vacances en nature ou une simple visite chez une copine en région, chaque kilomètre est une petite épreuve à surmonter.

 

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