Démocratiser la poésie

samedi 18 novembre 2017 2:17

Je vous invite à replonger au secondaire. Plus précisément, dans vos cours de français. Vous avez sûrement été en contact pour la première fois avec la poésie. Les professeurs vous ont abattu de poèmes qui avaient les mêmes caractéristiques : des émotions extrêmes, du lyrisme, un « je » très présent et des rimes. Une poésie stéréotypée qui a vous a certainement fait haïr le genre littéraire.

Florence Dancause

Je voudrais une démocratisation de la poésie. Il n’est pas normal qu’une partie de la population croit encore que la poésie s’écrit en rimes, alors que le genre s’est affiché comme celui de tous les possibles et que les rimes ont été ôtées depuis plus de deux siècles. Il n’est pas non plus normal que plusieurs personnes croient qu’un poète est un être hypersensible et qui est en marge de la société, alors que la communauté littéraire rassemble une diversité de personnes.

Il faut retravailler le rapport de l’élève à la poésie. Le poème appelle un mode de lecture inhabituel et souvent inconfortable. Il y a plusieurs parts d’ombres et il faut accepter que le sens du texte se dévoile peu à peu. L’élève doit sortir de sa position stricte et se fier à son instinct, à sa créativité ainsi qu’à ses émotions pour comprendre, ou même vivre avec le poème.

Je crois que cette démocratisation passe inévitablement par un enseignement dynamique et approfondi de la poésie. Enseignons la poésie contemporaine québécoise au secondaire. N’ayons pas peur des talents d’ici. Faisons lire la poésie trash de Josée Yvon, la poésie rythmée de Jean-Marc Desgent, la poésie flyée de Jean-Christophe Réhel, la poésie amère de Marie Darsigny. Bâtissons un imaginaire culturel vrai et avant-gardiste.

 

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