Égocentrisme touristique

samedi 18 novembre 2017 2:27

À peine le mot international est-il prononcé, que l’oreille de l’occidental moyen se tend et devant ses yeux miroitent d’interminables plages de sable blanc ou les dédales d’une ville romantique à l’architecture gothique. À l’ère des grandes vacances et des vols à faibles coûts, rares sont ceux qui ne quitteront pas le nid dès que l’occasion s’y présente sans pour autant se soucier de l’impact de leur participation dans cette effroyable industrie qu’est le tourisme. Parce qu’on finit toujours par se dire qu’eux, ce n’est pas nous, on en vient souvent à penser que notre impact est moindre pour les populations locales.

Sarah Xenos

Première économie mondiale avant même l’exploitation pétrolière et la vente d’armes, le tourisme représente pour 10% du Produit intérieur brut mondial. Ce sont des masses de personnes privilégiées qui se déplacent lors de la haute-saison, engorgeant les villes à la recherche de pittoresque. Mais ce sont aussi des habitants qui ne peuvent plus se permettre de vivre dans ces villes où les appartements sont monopolisés par Airbnb et où toutes attractions est bondées par les touristes en quête d’expériences typiques. Au final, l’expérience se verra fort probablement altérée par la présence de tous ces «autres».

J’en viens donc à me questionner sur nos raisons de voyager, sur notre besoin d’ajouter des noms à la liste de nos pays visités. S’agit-il vraiment d’une manière d’aller vers l’autre ou n’est qu’une autre facette de notre maladive société de consommation? Après tout, n’est-ce pas possible de vivre ce fameux Carpe Diem chez-soi?

 

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