Sevrage d’écran : simple sur le papier, moins en pratique

vendredi 2 février 2018 3:39

par Félix Poncelet-Marsan


L’objectif de l’expérience Cobaye de cette édition : calculer le nombre d’heures que je passais devant des écrans pour me divertir pendant une semaine; puis diminuer ce temps passé lors de la semaine suivante. Un beau défi à relever.

La première semaine ne m’a pas dépaysé. Je ne devais pas faire des efforts supplémentaires pour modifier une habitude, je devais au contraire la vivre comme si de rien n’était. Noter systématiquement dans un cahier le temps que je passais devant des écrans n’avait rien de compliqué et je pouvais faire ce que j’aimais pour me divertir : regarder des films, jouer aux jeux-vidéo et aller sur Internet lire les imbécilités de mes amis.

Par contre, en consultant mes notes, j’ai remarqué à quel point j’utilisais de nombreuses fois au cours d’une journée mon téléphone intelligent, et ce pendant seulement quelques minutes. Plusieurs périodes de quelques minutes, ça s’additionne facilement en une heure ou une heure et demie d’extra à la fin de la journée! Il fallait que je fasse particulièrement attention à cela lors de la semaine suivante si je voulais qu’il y ait une diminution notable du temps passé.

À la fin de la première semaine, le bilan s’élevait à 23 heures 20 minutes écoulées au total, pour une moyenne d’environ 3 heures 33 minutes par jour. La première partie de l’expérience était complétée, les choses sérieuses pouvaient maintenant commencer.

Deuxième semaine

La seconde semaine a de loin été plus compliquée que la première. L’habitude d’utiliser des écrans à chaque petit instant d’ennui était bien implantée dans mon mode de vie, il a donc fallu que je trouve des activités alternatives. Puisque j’étais (et que je le suis encore) un bon lecteur, je pouvais continuer mes lectures plutôt que d’embarquer sur mon cellulaire. Si la température dehors n’était pas trop dégoûtante, fin novembre oblige, je pouvais sortir marcher une heure ou deux. Je pouvais dessiner, bricoler dans l’atelier, jouer à des jeux de société, aller au bar avec des amis, you name it comme le disent nos voisins.

Le compte de cette semaine d’effort s’est finalement élevé à 22 heures 32 minutes au total, pour une moyenne de 3 heures 13 minutes par jour.

Constat

Ce sevrage m’a permis de réaliser à quel point le divertissement sur écran faisait partie intégrante de mes temps libres. Je n’étais pas dupe, je savais que les télécommunications – et les appareils électroniques qui les exploitent – sont importants, non seulement pour mon mode de vie personnel, mais bien pour celui de la majorité des membres de notre société. Mais calculer le temps passé à les utiliser pour le plaisir tout au long d’une semaine, et arriver à la conclusion que je les utilisais pratiquement une journée entière sur sept, cela a effectivement modifié ma perspective.

Tout de même, mes habitudes de vie ne se démarquent pas du lot. 23 heures par semaine n’est pas un chiffre qui sort de l’ordinaire: il s’agit de la moyenne de temps passé à l‘écran par les jeunes pour leurs loisirs, selon une étude menée en 2015 par l’Institut de la statistique du Québec.  Aussi, trois heures et demie par jour, ce n’est pas suffisant pour nuire à mes études, mon travail, ma vie familiale et ma vie sociale.

De plus, la semaine de mon sevrage m’a prouvé que j’ai la capacité de modifier un tant soit peu mes activités afin d’utiliser les écrans le moins de temps possible. La preuve: j’ai réussi à baisser mon nombre d’heures par semaine de cinquante minutes. Une légère diminution, mais une diminution néanmoins!

Je ne cacherai pas que j’ai dû me botter métaphoriquement le derrière pour ne pas me tourner vers mon téléphone ou ma console de jeu dès la première occasion durant la seconde semaine. Malgré mes efforts, je n’ai quand même pas pu m’empêcher de succomber à l’appel du vidéo: quelques séances de jeu ainsi qu’une movie night (planifiée depuis belle lurette) avec des amis ont particulièrement augmentées mon taux.

Toutefois, même si mon expérience a été concluante, je ne crois pas qu’une seule semaine soit suffisante pour modifier mes habitudes à plus long terme. Par contre, je sais désormais que j’ai le pouvoir de modifier mon mode de vie et que si moi, un geek moyen, en est capable, n’importe-qui le peut!

 

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