Les mines au Chili: favorable ou risqué?

mercredi 7 février 2018 12:03

En Amérique du Sud, l’industrie minière est une source d’économie primordiale, mais qui comporte son lot de risques.

Par Pénélope Leblanc


Les activités minières du Chili, premier producteur mondial de cuivre, présentent des répercussions partagées entre une source de revenu considérable et des problèmes pouvant être liés à la santé sur les populations autour de ces sites d’exploitation.

« C’est bien plus cher pour une compagnie d’exploiter au Canada, par exemple, que là-bas où les installations et la fabrication sont toujours en roulement  », affirme le professeur au département des sciences de la Terre de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Stéphane De Souza. Il ajoute que les minerais extraits sont plus facilement transformés dans ce type d’environnement, dû à l’emplacement des plaques tectoniques.

Le Chili est donc un fructueux pays pour les compagnies minières et c’est la raison pour laquelle le cuivre, l’or et l’argent sont des richesses aussi utilisées par celles-ci. L’étudiante au doctorat en géologie marine à McGill, Pascale Daoust, soulève tout de même qu’il ne faut pas perdre de vue que « les ressources sont non-renouvelables et que l’abus de ces dernières peut provoquer un épuisement des richesses naturelles. »

Conséquences préoccupantes

« À partir du moment où des individus creusent un trou ayant d’importantes dimensions dans le sol, ils créent une baisse d’eaux souterraines », explique la professeure de l’UQAM Marie Laroque, qui se spécialise notamment en hydrogéologie. Selon elle, l’un des principaux impacts de ce phénomène est associé aux coûts de l’eau qui risque fortement d’augmenter pour les populations situées à proximité des mines, puisqu’il faut la puiser de manière plus profonde qu’en temps normal.

Stéphane De Souza précise qu’en plus de pomper l’eau pour créer un site minier et d’ensuite devoir aller plus loin pour la chercher, « le territoire chilien est particulièrement sec ».

Marie Larocque souligne que les déchets de mine accumulés ainsi que des réactions chimiques peuvent engendrer de l’eau acide qui contamine, à son tour, l’ensemble d’un bassin versant. La professeure indique que si l’eau est infectée d’arsenic ou de n’importe quel autre métal, les effets peuvent être majeurs sur la santé humaine de façon globale. Chez les miniers, ce sont plutôt les maladies respiratoires et de poumons qui sont les plus fréquentes selon Judith Rainhorn, auteure du livre Santé et travail à la mine.

« Cette industrie excessive peut générer des glissements de terrain ou des affaissements du sol, dépendamment du style de mine ainsi que le déplacement de villes et de populations », note Pascale Daoust. La présence des mines a donc des conséquences sur les populations chiliennes, autant sur les coûts concernant l’accès à l’eau, que sur la santé, la sécurité et l’emplacement des occupants locaux.

Toutefois, De Souza et Daoust ont tous deux soulevés l’importance de la création d’emplois. Comme il s’agit du secteur économique le plus important au pays, une énorme partie de la population travaille dans ce domaine. Pascale Daoust énonce également que de nombreux services utiles, qui étaient autrefois inexistants, sont créés comme des soins médicaux et des commerces locaux. Mme Daoust explique que bon nombre de boutiques et de restaurants ont également vu le jour, puisque le pays attire des entreprises internationales provenant de pays plus développés.

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