Longue vie aux zones bleues

mercredi 7 février 2018 12:17

Le phénomène des zones bleues concerne cinq régions du monde où vivent de très nombreux centenaires.

Par Nicholas Pereira


Des habitants de cinq régions géographiques, aussi appelées “zones bleues”, présentent des résultats de longévité impressionnants, notamment en raison d’un rythme de vie qui leur est propre et d’un régime alimentaire précis.

Demeurant actifs et présents dans la société même à un âge avancé, ces habitants ont un rythme de vie bien différent des standards. Le fait qu’ils vivent à des endroits plus reclus de la société et qu’ils ne soient pas influencés par l’américanisation, telles les îles et les péninsules, les avantages également. Les cinq zones bleues sont l’île de la Sardaigne (Italie), la ville de Loma Linda en Californie (États-Unis), la péninsule de Nicoya (Costa Rica), l’île d’Ikaria (Grèce) et la ville d’Okinawa (Japon).

Malgré leur proximité aux zones abordées, certaines villes des alentours ne présentent pas un taux de centenaires aussi impressionnant. Cette situation est également visible en Sardaigne, même s’il s’agit d’une zone bleue. Les villes principales demeurent très touristiques et les habitants vivent moins longtemps que ceux occupant les régions environnantes qui sont plus campagnardes.

« La capacité d’adaptation, les milieux de vie sains et sécuritaires, l’engagement social, les conditions de vie facilitantes ainsi qu’une organisation efficace de soins et de santé sont de grands déterminants de l’état de santé, explique le co-directeur à l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval (IVPSA), André Tourigny. Comme on peut le constater, ces facteurs sont communs à la situation présente dans les zones bleues ».

Vincenzo Pintureau Sanna a vécu en Sardaigne lorsqu’il était tout jeune avant de migrer vers la France. Encore aujourd’hui, son attachement à ses racines demeure. « J’y reviens chaque été. Le mode de vie est moins stressant, les gens ne courent pas et prennent le temps de vivre et d’apprécier la vie, sauf dans les villes principales, qui sont touchées par le tourisme », raconte-t-il.

Être actif, même à 100 ans

« Pour favoriser un vieillissement en santé, on conseille d’améliorer les aptitudes individuelles et les capacités d’adaptation, ce qui passe par les habitudes de vie, dont un mode de vie actif,» poursuit André Tourigny. Selon lui, l’alimentation est également un facteur important qui explique la longévité des habitants des zones bleues.

La nutritionniste Hélène Baribeau, qui sortira prochainement un livre dans lequel elle abordera le thème des zones bleues, est du même avis. « Chez les centenaires, on voit très peu d’embonpoint ou d’obésité. Ce sont des gens qui sont plus alertes concernant les signaux de faim et lorsqu’ils sont rassasiés, donc ils vont moins consommer », affirme-t-elle.

« Plus notre alimentation est centrée sur les végétaux non transformés, meilleure est notre longévité. Les autres aliments ne seront également que très peu transformés, alors que les viandes proviennent d’un élevage plus naturel, ce qui améliore les chances de longévité », poursuit-elle. La nutritionniste cite notamment les fruits, les légumes, les noix, les céréales et les légumineuses à titre de végétaux non transformés.

« Les habitants ont des habitudes encore très traditionnelles et les produits frais sont de la région, décrit Vincenzo Pintureau Sanna en parlant de la Sardaigne. Je compte retourner y vivre plus tard. Qui sait, peut-être vais-je vivre jusqu’à 100 ans? », lance-t-il en riant.

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