Une équation difficile pour les écoles québécoises

jeudi 8 février 2018 11:01

Un comparatif sur l’éducation entre deux pays de l’hémisphère nord

Félix Pedneault


La Finlande est mondialement reconnue pour son système scolaire unique et performant qui s’intéresse avant tout au bien-être de l’élève, un modèle qui fait réfléchir sur la qualité du système d’éducation québécois.  

En Finlande, le taux de diplômé est de 97%, soit 9% de plus que celui du Québec pour un nombre d’habitants presque similaire. Pourtant, selon les statistiques de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), les élèves canadiens passent près de 100 heures en classe de plus que les élèves finlandais chaque année.

Lorraine Normand-Charbonneau, la présidente de la Fédération des directions d’établissement d’enseignement du Québec (FDEQ), affirme « que le Diplôme d’Études Secondaires (DES) est bien reconnu dans le monde parce qu’il est justement assez exigeant » et assure que le Québec est très performant en éducation. 

Toutefois, elle concède qu’il y a des problèmes structuraux en éducation dans la province qui doivent être changés parce que les écoles n’ont pas assez d’autonomie. « Si on était capable d’organiser des marges de manœuvre administratives pour mettre en place d’autres types de cours, on pourrait trouver d’autres sources de motivation pour les élèves en difficulté », explique-t-elle. Une solution possible serait de modifier le rythme scolaire.

« On trouverait le temps pour les faire bouger [les élèves] ou pour des périodes de devoirs supervisées », explique Marc-André Deniger, professeur titulaire de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal. À ce titre, les écoles finlandaises ont des récréations de 15 minutes par tranche de 45 minutes de cours, un record dans les pays de l’OCDE.

« Si on a un temps donné à l’école pour faire des exercices avec des intervenants spécialisés pour repérer les difficultés chez les élèves, on pourrait réduire ou enlever les devoirs », précise M. Deniger. Selon lui, il serait bénéfique de ne pas laisser la responsabilité des devoirs uniquement aux parents qui, pour une majorité, n’ont jamais vu les notions présentées en classe depuis la réforme de 1997.

En Finlande, les élèves du primaire n’ont pratiquement jamais de devoirs. Axée sur le bien-être, l’école veut leur laisser du temps pour embrasser d’autres disciplines comme la musique, le sport, les arts et la lecture.

Un portrait moins reluisant

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), critique quant à lui « l’effet de mode » qui s’empare des fonctionnaires de l’éducation dans les écoles avec les nouvelles techniques d’apprentissage, comme les tableaux interactifs, qui sont créées. « C’est tout sauf une solution. L’autonomie doit revenir entre les mains des spécialistes », énonce-t-il en rappelant qu’il faut toujours tenir compte du milieu social et économique avant d’introduire de nouvelles pratiques.

Dans un rapport commandé par le ministère de l’Éducation et publié en 2015 par Simon Larose, chercheur à l’Université Laval, on stipule que malgré l’ajout de 150 heures d’enseignement en français, le décrochage chez les garçons et les élèves défavorisés s’est légèrement accentué. En 6 ans, 84 % des élèves hors de la réforme ont obtenu leur diplôme contre 78,9 % à 81,1 % en moyenne pour ceux qui suivaient la plateforme du Renouveau pédagogique.

La réforme scolaire menée par le Parti Québécois n’a pas atteint ses objectifs. Les acteurs sont donc prêts à ouvrir de nouvelles discussions pour trouver des solutions plus efficaces dans le système éducatif québécois.

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