Pour l’amour du groove

lundi 30 avril 2012 2:26

Par Julien Lamoureux

Sur le plancher du local de pratique des Fort Beaux Hommes, les bières vides s’accumulent au rythme des chansons jouées. «Au début, plus on était paquetés, plus on avait d’idées», explique Vincent «Sexy 2» Fillion, un des quatre musiciens de cette formation. Un an et demi après la formation du groupe, il semble que les choses n’ont pas beaucoup changé.

Vincent alterne entre la batterie, la guitare électrique et la basse. Ses compagnons participent à la même valse : Laurent «Sexy et demi» Viau-Lapointe (batterie, guitare, basse), Andrew «Sexy 1» Duquette-Boyte (guitare, basse) et François «Sexy 4» Lamalice (guitare, basse, clavier) aiment bien changer d’instrument d’une chanson à l’autre. Oh, et si vous vous demandez pourquoi aucun membre n’est nommé «Sexy 3»… eh bien, la réponse ne se trouve que dans l’esprit un peu tordu des Fort Beaux Hommes.

Leur style musical s’avère être «un mélange de funk, de rock alternatif et de punk», qui, selon Andrew, s’est forgé par la mise en commun des goûts variés de quatre musiciens ayant tous envie de quelque chose de nouveau. «Trois des quatre membres faisaient partie de bands de métal avant et avaient envie de jouer autre chose», explique Laurent, mentionnant au passage les vagues de dance-punk et funk ainsi que les brass bands qui ont fortement influencé le groupe.

L’objectif musical de ces quatre gars est de faire la fête et de faire danser ceux qui veulent bien les écouter. «On garde toujours le groove en tête», lance Vincent. À défaut d’être, du moins pour l’instant, un groupe très populaire, Les Fort Beaux Hommes sont plutôt une formation «populiste». «On veut se faire aimer», déclare François, bien humblement.

Au-delà de faire le party, veulent-ils passer un message et transmettre leurs opinions à la manière d’un artiste engagé? «Les paroles sont tellement vagues, tu peux t’imaginer ce qui te tente avec ça», blague Andrew. Plus sérieusement, Laurent indique que le groupe «ne veut pas prendre une direction trop politisée, mais que [les] textes contiennent quand même des références».

Comme tout jeune groupe aux moyens monétaires limités, Les Fort Beaux Hommes accepte d’user de leur talent gratuitement afin de se faire connaître, à commencer par la publication sur Internet de leurs chansons. «Pour l’instant, l’objectif n’est pas d’avoir un CD à vendre mais plutôt de rendre nos tounes disponibles gratuitement sur Internet», mentionne François. Le bouche-à-oreille est une autre façon de gagner un peu de popularité.

Amis de longue date

L’aventure des Fort Beaux Hommes a commencé lorsque Vincent et Andrew eurent l’idée de jouer de la musique ensemble. Laurent et François se sont greffés peu à peu aux deux autres dans ce qui allait devenir un fort beau groupe.

Même si les quatre gars se connaissaient déjà bien auparavant – trois d’entre eux étaient amis depuis l’école primaire – leurs liens se sont renforcés grâce à ce projet musical. «Ça a développé notre amitié à un point supérieur parce qu’on partage ici quelque chose de vraiment exceptionnel», confie François.

Le groupe a donc eu un effet positif sur leur amitié, et vice-versa. En effet, il est plus facile de dire le fond de sa pensée à quelqu’un avec qui on se sent plus à l’aise. «Il y a vraiment une barrière qui est absente», lance Andrew. Et François de renchérir: « On n’a pas peur de se dire les vraies affaires, de se parler dans le casque.»

Après une série de pratiques pour le moins brouillonnes où le plaisir était au sommet de la motivation, Les Fort Beaux Hommes ont décidé de prendre leur projet plus au sérieux. Enregistrer leurs séances musicales leur permet de garder en mémoire leurs compositions et de les retravailler pour en faire des morceaux. «On a composé nos premières vraies chansons et ça a déboulé à partir de là», indique Vincent.

Que réserve le futur pour Les Fort Beaux Hommes? «On aimerait tous vivre de notre musique et même si on n’y arrive pas, on va continuer à en jouer malgré tout», estime Andrew. Les quatre sont encore aux études, des projets pour le futur en parallèle. La participation à un groupe fait partie de ces projets. Ils évoquent l’esprit de groupe, l’énergie et l’excitation des spectacles et le plaisir de la création comme motivations à continuer. «Personnellement, j’en ai besoin», ajoute Laurent.

Après des paroles aussi lucides, Les Fort Beaux Hommes retombent assez vite dans leur univers sauté et bien à eux. «On voudrait lancer notre propre bière, la Fort Belle Bière», annonce Laurent. Un autre projet qui leur tient à cœur est la diffusion sur YouTube d’une chaîne de vidéos culinaires. Oui, les Fort Beaux Hommes ont l’esprit un peu tordu.

Les Fort Beaux Hommes seront en spectacle le mardi 1er mai à l’Hémisphère Gauche à l’occasion du lancement de la nouvelle édition du journal L’Esprit Simple.

Les Fort Beaux Hommes sur Facebook – Bandcamp

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