Le monstre de pierres au coeur de velours

dimanche 11 février 2018 2:19

Apparu au Québec il y a une soixantaine d’année, le heavy métal, un genre musical des plus marginalisé, a su conquérir un public assidu en plus de faire sa marque dans la scène musicale émergente québécoise.

Par Jérémie Lachance


Malgré le fait qu’il soit peu représenté dans la sphère publique, le heavy métal demeure un genre musical assez populaire au Québec. Sans faire la promotion de la violence, les « métalleux » utilisent des images fortes, ainsi que des mélodies brutales et puissantes afin de dénoncer les maux de nos sociétés.

Bien que marginalisé, cela ne veut pas dire que le style n’est pas en santé. En effet, selon l’ex-animatrice de l’émission Le Grimoire du métal diffusée à CISM, Christine Fortier, la scène de heavy métal québécoise serait des plus actives : « Il ne suffit que de suivre les concerts qui viennent à Montréal pour constater à quel point elle est vivante », dit-elle avant d’ajouter que le grand dam des fans est de ne pas pouvoir assister à tous les concerts qui y sont offerts.

Selon l’auteur de L’évolution du métal québécois et journaliste à ICI Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue, Félix B. Desfossés, la timidité de ce style sur la scène québécoise ne date pas d’hier : « Le métal a toujours été un style dont on entend peu parler dans les médias, marginalité oblige. Des années 80 […] jusqu’à aujourd’hui […] le style musical a toujours eu ses propres [réseaux] pour que les gens de sa communauté soient connectés », soutient le spécialiste du rock québécois.

Selon lui, le heavy métal repousse beaucoup de gens en raison d’une simple ignorance. « Il faut une tolérance et une connaissance avancées en terme de métal pour apprécier ce style de musique à sa juste valeur », affirme-t-il. Le majorité des gens ne s’arrêtant qu’à la violence qui se dégage des  pièces musicales de ce style, peu de personnes ont tendance à en faire une analyse poussée. « Quand on ne connaît pas quelque chose, on se base juste sur ce que l’on voit et ce que l’on voit, ce n’est pas les gens qui ont l’air le plus facile d’approche », confirme Christine Fortier.

Contrairement à l’image qu’il projette, le heavy métal ne se résume pas qu’à sa simple brutalité. Félix B. Desfossés explique qu’il est effectivement possible d’y ressentir une certaine violence, mais qu’elle n’est utilisée que pour illustrer celle qui sévit partout dans le monde. La violence ne serait qu’un levier afin de dénoncer les maux de la société allant des troubles environnementaux jusqu’au fanatisme. « Le métal est à l’image du monde dans lequel il est créé », conclut-t-il.

La formation Ash Breather, un groupe heavy métal basé à Montréal, a le même point de vue que Félix B. Desfossés.  « Le métal est beaucoup plus complexe musicalement parlant qu’il en a l’air, aussi bien les instruments que les paroles », affirme le chanteur du groupe, Benjamin Lavoie. « C’est drôle de voir à quel point le métal est marginalisé, alors que le rap est accepté », remarque le chanteur, soutenant que les propos de certaines chansons de rap sont aussi violents que ceux de certaines chansons de heavy métal.

 

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