La valse à mille temps

samedi 12 mai 2012 3:01

Par Ariane Thibault-Vanasse

Les bourgeons, de grosses chaleurs, des jupes et des sandales ; plus de doutes, le printemps est arrivé et l’été sera bientôt à nos portes! Avec l’arrivé des beaux jours, viennent les festivals de tous genres. Du festival Juste pour rire à Montréal Complètement cirque en passant par le Festival international de jazz, toutes les raisons sont bonnes pour festoyer… et pour mettre son jugement intellectuel à zéro. Les festivals, le nouvel opium du peuple?

Je n’ai rien contre les festivals. Loin de là. Ils nous permettent d’aller à la rencontre de l’autre et de nouveaux horizons. Qu’ils se situent dans le fin fond de Sainte-Madeleine ou en plein cœur du Quartier des spectacles, ils nous offrent à tout coup des découvertes uniques. Cela dit, après notre cinquième festival de suite, après que les médias nous aient gavés de critiques et de données statistiques quant aux achalandages records, après que nos esprits se soient bien mêlés entre le Festival Juste pour rire et les Francofolies, quel temps nous reste-t-il pour faire le point et analyser constructivement ce à quoi nous venons d’assister? Le cycle artistique est rompu, le feed-back est désormais ignoré.

Le nombre de festivités pour Montréal (qui n’est pas une si grosse ville) lors de notre saison estivale (qui n’est pas si longue) est étourdissant. Trop occupés à connaître la programmation de la journée pour «être dans le coup», nous oublions ce qui se passe dans notre société et même à quel festival nous assistons. Nous sommes bombardés d’entrevues d’organisateurs qui, comme à chaque année, nous disent que «tout à ben été!» alors qu’une superbe exposition originale a lieu à quelque part sans que personne ni prête attention. La valse a commencé et il nous est impossible de réellement savourer les célébrations ni d’exercer une pensée critique solide.

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