Un thriller chinois

mardi 15 mai 2012 12:40

Par Myriam Lemay, co-chef de section internationale

Scandales, assassinats, espionnage, rumeurs de coup d’État : tous des éléments dignes d’un bon James Bond. La transition politique à Pékin s’annonce explosive, au point d’en faire baver d’envie les scénaristes hollywoodiens.

Dans le rôle principal, Bo Xilai, playboy charismatique et ancienne étoile montante du Parti communiste chinois. Le 10 avril dernier, ce prince rouge de Chongqing a été limogé. Hier destiné à occuper les plus hautes fonctions du PCC, il est aujourd’hui soupçonné de «sérieuses violations de la discipline». Façon polie de dire qu’il trempe dans une affaire de corruption.

Sa femme, Gu Kailai, crève l’écran comme actrice de soutien. Surnommée la Jackie Kennedy chinoise, elle fait l’objet d’une enquête pour meurtre. La police la suspecte d’avoir fait assassiner un homme d’affaires britannique, autrefois proche de la famille Bo.

Entre en scène ce mystérieux Neil Heywood, proche des services secrets de sa Majesté, retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel de Chongqing en novembre dernier. «Trop d’alcool», selon la police. Pourtant, l’homme était sobre comme un chameau.

Jouant les seconds violons, Xu Ming, l’un des hommes les plus riches de Chine. Ce proche de Bo Xilai est accusé d’avoir truqué des matchs de football. Il ne donne pas signe de vie depuis début avril.

Ce polar fascine la population. L’Internet chinois foisonne de rumeurs : que peut-il bien se passer dans les coulisses du pouvoir? Selon plusieurs, il s’agit de la pire crise politique que connaît Pékin depuis la répression militaire des manifestations étudiantes de la place Tiananmen en 1989. Et la chute du clan Bo Xilai ne fait que commencer. L’ancien patron de Chongqing a accumulé une longue liste d’ennemis au cours de sa campagne anticorruption dans une ville gangrénée par la mafia.

L’Affaire Xilai. Première partie de la passation des pouvoirs en Chine, prévue en octobre.

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