Politique version 2.0

dimanche 13 novembre 2011 5:50

Par Marion Bérubé

Stephen Harper aime le curling. C’est une des passions affichées sur sa page Facebook suivie par 66 652 fans. Peu importe le type de message à passer, les politiciens se servent de plus en plus des réseaux sociaux pour avoir une tribune sur le web.

Radio-Canada avait noté dès 2010 la forte utilisation des réseaux sociaux. Pendant cette période, 48% de la population canadienne utilisait Facebook. En 2011, Twitter compte 200 millions d’adeptes dans tout le globe, dont 700 000 au Québec. Il n’est donc pas étonnant que les politiciens se soient appropriés ces nouveaux véhicules d’information pour séduire un public branché technologie. Moins attirées par les méthodes traditionnelles, comme le téléjournal ou les quotidiens, certaines personnes se tournent vers les réseaux sociaux pour obtenir de l’information.

Député de Québec solidaire dans la circonscription de Mercier, Amir Khadir publie entre 15 et 20 fois par semaine sur Facebook et Twitter. L’engouement est tel qu’une équipe d’administrateurs gère maintenant ses différents comptes. Son responsable des communications, Christian Dubois, a constaté un réel impact des réseaux sociaux en politique. «Pour quelqu’un qui fait des relations de presse, Twitter est un incontournable pour voir ce qui se passe dans le discours social. Ça sert à amplifier et communiquer l’information plus rapidement».

Justin Trudeau, le député libéral de Papineau, emploie désormais une bénévole pour gérer son compte Facebook, mais reste maître de son compte Twitter. «Avec les réseaux sociaux on n’a pas besoin de passer par les  formalités d’un communiqué ou d’une conférence de presse, on peut simplement exprimer de façon plus informelle sa position par rapport à un sujet», explique-t-il.

D’irréductibles Gaulois refusent encore d’utiliser les réseaux sociaux à des fins professionnelles. Maria Mourani, députée du Bloc québécois, gère elle-même son compte Facebook parce qu’elle n’a pas assez de temps à consacrer aux autres réseaux sociaux. D’autres préfèrent se montrer en personne plutôt que sur Twitter. «C’est devenu un incontournable, mentionne Justin Trudeau. Mais il faut comprendre que les médias sociaux ne remplacent en rien tout le travail qu’on fait sur le terrain. Les tables rondes et parler directement avec le public sont des actions complémentaires au monde des réseaux sociaux.»

Un communiqué de maximum 140 caractères sur Twitter doit être clair et précis. Puisque les politiciens ne peuvent être  sur plusieurs tribunes en même temps, les relationnistes font le pont entre la réalité et Internet.  «Il y a deux collaborateurs proches d’Amir Khadir qui ont un accès direct à son compte Twitter», explique Christian Dubois. «Ils ajoutent du contenu, interagissent avec les gens et répondent aux questions. Ces personnes sont les doigts qui transfèrent sur Internet les propos d’Amir Khadir; elles l’aident à synthétiser ses idées.»

Étudiant à l’UQAM, Jean Grégoire a passé la dernière campagne électorale scotché à son ordinateur pour s’occuper des comptes Twitter et Facebook de Gilles Duceppe. «Au Bloc québécois, les réseaux sociaux y sont présents depuis longtemps, explique-t-il. Puisque les besoins sont plus importants en temps de campagne, le parti est allé chercher un employé supplémentaire pour couvrir les événements en temps réel». Une équipe d’une dizaine de personnes s’occupaient des réseaux sociaux pour le Bloc. Quant à Jean Grégoire, il gérait personnellement le compte de Gilles Duceppe, 24h sur 24, pendant toute la campagne.

Les politiciens ont dorénavant une équipe de relationnistes pour gérer l’achalandage sur les réseaux sociaux. Même si on ne peut pas mesurer quantitativement leur impact dans les chaumières, les experts consultés s’entendent tout de même sur la nécessité des tweets et des posts en politique.

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