La téléréalité : le contenant prend le dessus sur le contenu

jeudi 14 février 2019 2:48

Les émissions de téléréalité, en plus de diffuser un contenu télévisuel, transmettent des teasers et des capsules web accessibles à tous.

Julien Lachapelle


Les émissions de téléréalité comme Occupation Double ou XOXO présentent de plus en plus de contenus web et de teasers. Ces nouveaux contenus télévisuels réussissent souvent à tromper les téléspectateurs en divulguant des rumeurs sur le futur parcours des candidats : rumeurs qui se révèlent souvent fausses.

«Les producteurs d’Occupation Double se rencontrent en début de saison pour déterminer le ton que l’émission prendra», explique l’un des monteurs et réalisateurs de l’autopromotion de l’émission, Jean-François McDonald.

Les monteurs ne font pas de teasers pour amener les gens sur de fausses pistes, mais pour garder l’intérêt du public pour l’émission. Ils le font en montrant des extraits de l’émission de la semaine suivante sans révéler le véritable contenu.

Jean-François McDonald reconnaît que le montage de l’émission, ou même des teasers, doit parfois mettre l’accent sur certains candidats quand ceux-ci attirent particulièrement l’attention des téléspectateurs sur les réseaux sociaux. «Tu n’as pas le choix en tant que monteur de [les] mettre en valeur autant dans les teasers que dans l’émission complète», résume-t-il.

Nécessaires, mais téméraires

Le professeur adjoint du département de sociologie de l’Université de Montréal, Guillaume Sirois, explique que les téléréalités se bâtissent autour des teasers, car ceux-ci sont en mesure de susciter l’intérêt des téléspectateurs.

Malgré la présence des teasers, il croit que l’aspect de divertissement des émissions de téléréalité n’a pas été mis à l’écart par le public, mais il pense que les téléspectateurs se divertissent sur le dos des candidats. «On fait de ces gens-là des boucs émissaires. On est passé du divertissement simple à du divertissement du type bullying [intimidation]», précise-t-il.

Éviter le piège

Bien que certaines personnes écoutent les teasers et les contenus Internet, d’autres préfèrent consommer uniquement l’émission télédiffusée comme c’est le cas de Debora Coelho, une étudiante de l’UQAM.

«J’aime bien en parler avec des amis, mais je ne vais pas donner mon opinion sur les réseaux sociaux. Lorsque j’arrive à l’épisode de la semaine suivante, je ne m’attarde plus sur celui de la semaine précédente», explique-t-elle.

Pour Amaya Nam, une étudiante en sciences humaines au Collège Ahuntsic et amatrice d’Occupation Double, les teasers donnent envie aux gens de regarder les émissions. Elle ne croit pas que ceux-ci sont responsables de la popularité des émissions de téléréalité. «Je pense qu’on regarde les émissions parce qu’on aime le concept et non à cause des teasers.»

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