Ô Canada?

mercredi 6 mars 2019 4:24

Jean-Michel Clermont-Goulet


Le 22 mai 1990, le Bloc québécois voit le jour. Lucien Bouchard est le père de cet enfant politique. Le 13 janvier 1993, je, soussigné mon prénom et mon nom, sors d’une convalescence de neuf mois dans le corps d’autrui, ma mère.

Pendant longtemps, je me suis cherché politiquement parlant. J’la porte-tu à gauche? J’la porte-tu à droite? Suis-je Canadien ou Québécois? J’aime la police montée ou la Sureté du Québec?? Les Rocheuses de l’Ouest ou le Roché Percé?

Je viens d’une famille qui rêve d’un Québec souverain, qui rêve au retour des Nordiques et de René Lévesque. Moi, je n’ai jamais vraiment pensé à tout ça. Je fabulais en jouant avec mes figurines de Marvel et les jeux vidéo.

Je me suis toujours considéré Québécois, tout en me considérant Canadien.

On s’entend, mon passeport me dit que je suis Canadien. Cette réplique-là, on me l’a souvent reproché. Je comprends ça.

Aux élections fédérales de 1993, le Bloc remporte 54 sièges au Québec et devient l’opposition officielle à Ottawa. Pour la première fois, un parti indépendantiste québécois fait office d’opposition officielle. Ce n’est pas rien.

Ça l’a duré jusqu’en 2011. Cette année-là, j’ai voté pour la première fois de ma vie. J’étais fébrile et je voulais absolument gagner mes élections.

À la dissolution de la Chambre, le parti avait 49 sièges. Le 2 mai 2011, la vague orange du charismatique Jack Layton s’empare du Québec et le [Méga] Bloc finit en Lego. Belle défaite.

Quand on y pense, entre 1993 et 2011, le nombre de sièges des bloquistes n’a pas cessé de décroitre. J’ose comparer le tout à l’Étrange histoire de Benjamin Button, un film fantastique américain où un homme naît vieux et rajeunit au fil des années.

Le Bloc, c’est Benjamin.

La vie, ce sont les intentions de vote des Québécois : plus le temps passe, moins y en a.

J’ai contribué à cette vague-là.

Et j’ai recommencé en 2015, mais avec Thomas Mulcair.

Depuis que j’ai le droit de vote, j’ai vécu trois élections provinciales : 2012, 2014 et 2018. J’ai voté Parti québécois et Québec solidaire (bis).

Je me suis enfin fait une idée politique, sans l’aide de la boussole électorale. Peut-être qu’un jour je voterai Bloc québécois. Ça va dépendre de la vibe de la prochaine vague.

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