La capacité d’attention à l’ère des distractions

jeudi 7 mars 2019 3:53

Avec l’omniprésence des technologies à la maison, à l’école ou au travail, l’idée que la durée d’attention a chuté depuis les dix dernières années est répandue, mais sommes-nous réellement moins attentifs en 2018?

Lauren Saucier


Alors que les troubles neuro-développementaux semblent être un diagnostic à la mode au Québec, les spécialistes en psychologie s’entendent pour dire qu’il n’y a pas une réelle baisse de la capacité d’attention. Plusieurs facteurs peuvent nuire à la concentration sans véritablement affecter la capacité d’attention : de mauvaises habitudes de vie, un environnement stressant et de plus en plus, les distractions technologiques.

Les troubles déficitaires de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H), ne sont pas en hausse. Selon le psychiatre à la Clinique de TDAH de Montréal, Stéphane Kunicki, les personnes sont tout simplement diagnostiquées et reconnues. «Souvent en santé mentale, ce qui explique l’augmentation [d’une maladie], c’est que les gens en ont plus conscience. Les gens en parlent plus, sont plus à l’affût. Parce qu’on en prend conscience, parce qu’on le voit mieux et parce qu’on le comprend mieux, on va mieux le dépister», précise-t-il.

 Une hausse des distractions

«Le style attentionnel a changé depuis l’avènement du téléphone portable», pointe le neuropsychologue et chercheur en neuropsychologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), François Richer. Le vrai défi est de résister aux distractions, selon ce dernier.

«Si une personne en train de déjeuner pose son repas pour regarder ses messages pendant plusieurs minutes, jusqu’à en oublier son activité principale, manger, ça ne va plus», explique pour sa part la psychoéducatrice à la Clinique TDAH de Montréal, Marie-Josée Lagacé.

Le fonctionnement de l’attention

Le TDA/H est un trouble neuro-développemental qui affecte la capacité à réguler l’attention, la pensée, les comportements et les émotions, explique Dr. Kunicki. Il rappelle qu’une faible capacité d’attention réfère à une distractivité, soit l’incapacité à rester concentré sur un stimulus. Une partie au-devant du cerveau, le lobe frontal, grâce à des mécanismes neurochimiques, est censée rappeler en permanence de maintenir la concentration sur un objet précis ou encore une personne. Ce sur quoi il faut garder son attention est appelé un stimulus saillant dans le jargon psychologique.

Inversement, un jeune qui, par exemple, est absorbé dans son jeu vidéo et n’entend pas son parent lui dire que le souper est prêt aurait un problème d’hyperfocalisation : une incapacité à se défaire d’un stimulus.

Une statistique aurait démontré que la capacité d’attention moyenne d’une personne était passée de 12 secondes en 2000, à 8 secondes au printemps 2015, alors que la capacité d’attention d’un poisson rouge serait apparemment de 9 secondes. Est-ce que le mythe du poisson rouge est réel? Bien qu’il ait été cité par de nombreux quotidiens — dont le prestigieux New York Times — aucune étude fondée n’a prouvé ces données.

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