L’impact nébuleux de l’ingérence russe

lundi 11 mars 2019 7:57

Si les rumeurs d’ingérence russe dans la politique américaine sont avérées, Donald Trump pourrait être révoqué de ses fonctions de président.

Maude Faucher


Les allégations de l’intrusion des Russes dans les élections présidentielles de 2016 datent, mais les nouvelles révélations dévoilées dans le cadre de l’enquête Mueller sur le sujet ne cessent d’accabler le président des États-Unis Donald Trump. Ce dernier pourrait craindre une éventuelle destitution si l’enquête démontre son implication dans l’affaire.

Lors de la campagne électorale présidentielle en 2016, au moins 12 membres du parti républicain seraient entrés en contact avec des lobbyistes russes. À peu près au même moment, des pirates informatiques russes ont illégalement divulgué des courriels embarrassants de la candidate démocrate Hillary Clinton envoyés à son équipe de campagne. Ces pirates ont également entrepris une campagne de fausses nouvelles concernant la politique américaine sur les réseaux sociaux qui favorisaient le candidat républicain. Au sortir d’une campagne lourde en scandales et en révélations, Donald Trump a été élu président des États-Unis.

Il est cependant impossible d’établir une causalité directe entre les actions des Russes et la victoire de Donald Trump. «On est presque certain que le gouvernement russe s’en est mêlé. Toutefois, c’est impossible de préciser l’ampleur de l’impact, car on ne peut pas mesurer combien les divers facteurs – tensions raciales, anxiété économique, fidélité partisane – se sont organisés aux cerveaux des électeurs», note le professeur d’histoire à McGill et spécialiste en politique américaine, Jason Opal.

Le Département de la Justice a accusé en 2016 des dizaines de Russes d’ingérence dans les élections présidentielles. Des membres de l’équipe de campagne électorale de Donald Trump ont également été inculpés pour avoir vraisemblablement comploté avec des lobbyistes russes. Ils ont tous avoué avoir menti au Bureau fédéral d’enquête (FBI) ou au Congrès à propos de rencontres ou de communications avec des Russes.

Un président intraitable
Malgré toutes les preuves qui s’accumulent contre lui, le président nie haut et fort les allégations de collusion avec les Russes à son égard, allant même jusqu’à dire que c’est «la plus grande chasse aux sorcières de l’histoire».

Cette «chasse aux sorcières» moderne pourrait toutefois lui faire perdre la présidence des États-Unis. «Il pourrait certainement être destitué si les preuves de l’enquête de Mueller montraient qu’il était au courant des diverses interactions entre sa campagne (et la nouvelle équipe de la Maison-Blanche) et la Russie», explique le professeur de sciences politiques à McGill et spécialiste en politique étrangère américaine, Mark R. Brawley.

«Le Congrès [qui est à majorité républicaine] [pourrait décider] d’enclencher une procédure de destitution», indique la chercheuse en résidence de l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand, Julie-Pier Nadeau. «Les possibilités de destitution en ce moment sont assez faibles [en raison] du nombre de votes nécessaires pour ouvrir la procédure. Ça va vraiment dépendre des accusations qui sortent de l’enquête», estime-t-elle.

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