Université du Québec en Ontario

lundi 11 mars 2019 8:56

Par Marguerite Chiarello


Que ce soit au Nouveau-Brunswick avec son premier ministre francophobe ou en Ontario avec Doug Ford qui recule sur le projet de création d’une école francophone, on peut remarquer que le français n’est pas une priorité pour les politiciens canadiens hors Québec.

Le financement de 1,9 M$ accordé par la ministre Mélanie Joly ne sera pas suffisant pour faire décoller le projet et le gouvernement fédéral en est conscient. Comme l’a dit la ministre des Langues officielles et de la Francophonie, cet investissement vise principalement à «calmer la grogne». Maintenant, le gouvernement fédéral attend patiemment que M. Ford revienne sur sa décision et accorde le reste des fonds nécessaires à la mise sur pied de l’Université de l’Ontario français.

Si le statu quo persiste: les Franco-Ontariens pourront dire adieu à leur université, sauf si le Québec décide de se mêler à cette joute politique. En effet, le Québec aurait tout à fait la possibilité d’offrir une université francophone aux Ontariens, comme s’il s’agissait d’un pavillon du réseau de l’UQ en sol étranger.

L’intérêt du Québec à poser une telle action est simple; aider la communauté francophone et la langue française à garder une place, bien que petite, au Canada.

Cela dit, au-delà des intérêts que peuvent en tirer les provinces, n’est-il pas désirable d’être solidaire avec nos voisins francophones de l’Ontario?

Le Québec lui-même aurait eu grandement besoin d’appui lors de certaines de ses luttes, mais comment espère-t-il obtenir le soutien de ses confrères d’autres provinces si lui-même ne vole pas à leur secours dans de telles situations?

Enfin, il faut savoir que les Franco-ontariens sont présentement pris dans une bataille de partisanerie politique. Nombre de politiciens profitent de la situation pour critiquer ses adversaires, favoriser ses intérêts politiques et tenter de gagner la sympathie des francophones. Pourtant, aucun de ces politiciens ne prend la décision finale de financer l’université. Le gouvernement québécois est le seul qui ne tire pas d’intérêt direct à financer le projet. Oublions les frontières et sortons les Franco-ontariens de cette querelle politique où tout le monde parle, mais personne n’agit. Soyons les seuls à avoir l’avenir du français à cœur.

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