Un supplément avec ça?

lundi 11 mars 2019 9:17

Vitamines, minéraux et homéopathie : entre simple mode et véritable atout pour la santé  

Éliane Gosselin


30 pourcent des Canadiens consomment des suppléments de produits naturels, selon une enquête récente menée par le gouvernement fédéral. Alors que certains membres de la communauté scientifique qualifient cette tendance de surconsommation, d’autres la considèrent comme légitime.

Pour le professeur émérite du département de pharmacologie et de physiologie de l’Université de Montréal, Dr Patrick du Souich, «en règle générale, on prescrit trop de suppléments». Parmi les plus consommés, on retrouve la vitamine D et le calcium. Dr du Souich soulève qu’il n’y a aucune preuve que cette première apporte des bienfaits lorsque consommée seule. L’ex-assistante technique en pharmacie et étudiante en médecine à l’Université McGill, Vanessa Bisson-Gervais, indique que la vitamine D est l’un des suppléments les plus vendus, et de loin. Elle ajoute que pour le calcium, «les comprimés se font compter par une machine tellement il y en a.»

Le pharmacologue et membre du comité scientifique du Mouvement de la santé intégrative du Québec, Dr Pierre Haddad, explique que la combinaison du calcium et de la vitamine D peut avoir des effets positifs. C’est notamment le cas chez les gens enclins à développer l’ostéoporose, comme les femmes ménopausées, puisque la vitamine D augmente la capacité d’absorption du calcium.

 

Calcium et vitamine D au menu

La diététiste et nutritionniste, Sylvie Larouche apporte également quelques précisions sur le calcium et la vitamine D. «Pour le calcium, je crois que l’on peut combler nos besoins par une bonne alimentation, mais pas pour la vitamine D». Les suppléments de cette vitamine sont  grandement consommés par les Canadiens, puisqu’il est impossible de l’obtenir par les rayons UV du soleil à longueur d’année, et que les sources alimentaires naturelles de vitamines D sont très rares, précise la nutritionniste. Quant au calcium, il est possible de combler des carences avec une nutrition équilibrée. Or, les médecins ont rarement le temps ou les ressources pour faire une évaluation nutritionnelle complète de leurs patients, mentionne Sylvie Larouche. «Leur rôle est plutôt de nous [envoyer] leurs patients.»

Les deux pharmacologues, Dr du Souich et Dr Haddad, ont différents avis concernant une possible surconsommation de produits naturels. Le premier se dit lui-même plutôt défavorable à une telle consommation. Pour Dr Haddad, bien que les premières recommandations canadiennes soient d’encourager le patient à changer ses habitudes de vie, il arrive que les suppléments deviennent de bons outils en matière de prévention et d’optimisation de sa santé considérant le rythme de vie effréné des Québécois. Les produits naturels s’avèrent alors complémentaires aux médicaments et aux bonnes habitudes de vie.

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