Santé Canada, trop pressé

lundi 11 mars 2019 9:30

Annie St-Jacques


Avec pour mission de diriger les Canadiens vers une alimentation saine, le nouveau guide alimentaire proposé par Santé Canada ne semble accessible qu’à une minorité d’individus.

«Bien manger. Bien vivre», un slogan qui me laisse une impression d’être sorti directement d’une publicité irréaliste. D’un côté, les végétaliens se réjouiront du retrait des produits laitiers dans le guide alimentaire, de l’autre, l’impression que le nouveau guide est basé sur des tendances éphémères .

«Nous avons élaboré nos recommandations selon des preuves scientifiques solides et rien d’autre», a révélé, dans un article de La Presse,  Dr Hasan Hutchinson, directeur général de la politique et de la promotion de la nutrition chez Santé Canada. Ce qui me laisse perplexe c’est que récemment, le gouvernement du Canada a sorti une publicité valorisant les bienfaits de la consommation laitière. Le gouvernement serait-il lui-même incapable de trancher entre deux opinions? Qui croire alors que l’État se contredit sous nos yeux.

«Cuisinez vos aliments. Savourez vos aliments. Prenez vos repas en bonne compagnie», dicte le guide alimentaire canadien. Dans une société où les modes de vie s’accélèrent considérablement, et où une partie de la population n’a pas les moyens de s’acheter des aliments frais, bios et sans OGM, le guide alimentaire délaisse une partie de la population.

Ce guide élaboré par Santé Canada devrait accompagner les citoyens canadiens vers une bonne alimentation quel que soit leur mode de vie, leur budget ou leur opinion.

Rappelons-nous qu’il y a quelques années, Santé Canada avait dû rectifier une mauvaise information comme quoi la consommation régulière de sel ne causait pas de pierres aux reins. Ce serait plutôt les extrêmes, soit la consommation excessive ou le manque de sel, qui apporteraient ce problème de santé.

Et pour l’affichage des étiquettes nutritionnelles en épicerie, Santé Canada se laisse une marge d’erreur de vingt pourcent. Et si cette même institution se laisse la même marge d’erreur pour le guide alimentaire? Peut-on réellement faire confiance aux nouvelles recommandations ou allons-nous assister à de nouvelles études chocs dans dix ans? Seuls le temps ou Santé Canada nous le diront.

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