De la banquette arrière du taxi jusqu’au siège avant du Boeing

lundi 11 mars 2019 9:42

Malgré l’effervescence de la scène musicale québécoise, il est difficile de savoir si le succès des artistes populaires et moins populaires de chez nous se traduit en prospérité financière.  

Félix Galli


Contrairement à nos voisins du sud, avec leurs artistes qui n’hésitent pas à afficher publiquement leurs signes de réussites financières, les artisans de la musique québécoise ne sont pour la plupart pas très enclin à mettre en valeur leur richesse. Que ce soit en raison d’un stigma de société ou simplement de l’inexistence de cette dite richesse, il est difficile de se faire une idée du mode de vie que mènent nos artistes préférés.

À première vue, il semble évident que la richesse financière soit réservée à une élite dans le monde du showbiz québécois. En effet, selon l’Union des artistes, seulement 315 des 13 780 membres ont enregistré un salaire supérieur à 100 000$ en 2016. Au plus bas de l’échelle, néanmoins, ce sont près de 5000 artistes qui ont engrangé moins de 30 000$ pour la même période.  

Le propriétaire de l’entreprise de production de spectacles Sacré Tympan, Pierre Labbé, arrive à vivre de son art en grande partie grâce aux subventions offertes par le gouvernement. «Il n’y a pratiquement aucun milieu qui va fonctionner de manière autonome. Que ce soit la pop, le jazz ou le classique, les subventions font partie intégrante de la business», mentionne celui qui a été professeur de musique avant de se lancer en affaires.

De son côté, le musicien Styve Bolduc gagne sa vie en s’éloignant des avenues traditionnelles. Celui qui participe à de grandes productions comme le American Story Show en tant que bassiste obtient une grande partie de son revenu en vendant des pièces musicales sur Internet, par l’entremise du site Premium Beats. L’une de ses compositions a même été utilisée dans une campagne publicitaire pour l’ex-président américain Barack Obama. «On peut dire que j’ai gagné la loterie avec Premium Beats. Je pourrais vivre juste de ça si je le désirais», lance le musicien âgé de 45 ans. Lorsqu’il se compare à ses amis artistes, il se compte très chanceux de pouvoir maintenir un si bon mode de vie grâce à son art: «Par exemple, j’ai un ami qui doit faire de la suppléance dans des écoles primaires pour pouvoir y arriver».

 

Artistes à tout faire

De multiples créateurs doivent combiner plusieurs de leurs talents pour espérer vivre de leur art. L’artiste indépendant Jonathan Peters arrive à boucler ses fins de mois grâce à la vente de ses toiles, ainsi qu’au cachet qu’il reçoit au sein de son groupe de musique, Louize. Malgré cela, l’artiste connu sous le nom d’OJO n’arrive pas à atteindre une sécurité financière raisonnable. «Il y a encore des mois dans une année où je dois chercher les boulots pour payer mon loyer», conclut-il. Vraisemblablement et pour reprendre les paroles de la vedette du rap Loud, il est permis de croire que chaque artiste n’a pas les moyens de disparaître dans un pays chaud quand bon lui semble.

 

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