Potiner de manière modérée

lundi 11 mars 2019 9:49

Camille Avery-Benny


«Le mari de Danièle Henkel traite François Lambert de connard», «Karine St-Michel vit sous le seuil de la pauvreté», «Peter MacLeod admet s’être détaché de ses émotions pendant 40 ans»; on s’est tous déjà laissé tenter par un titre croustillant qui passait sur les réseaux. Ancêtres des Hollywood PQ et envedette.ca de ce monde, les revues à potins attirent toujours des centaines de milliers de lecteurs et de lectrices au Québec.

Naturellement, on peut se demander en quoi sont d’intérêt public des articles traitant d’aspects personnels de la vie de célébrités. Ce type de contenu a d’ailleurs été l’objet de nombreuses critiques depuis son apparition dans la sphère des communications au début du siècle dernier. Lorsqu’on regarde l’étalage de revues à l’épicerie, on remarque une demande apparente pour du matériel à commérage, mais en analysant le potin québécois type, on remarque qu’il est en soi plutôt modéré.

Si on se tourne vers les États-Unis, il n’est pas rare de retrouver des photos compromettantes ou des rumeurs nébuleuses sur les réseaux ou même en couverture de magazine. D’ailleurs, dans les dernières années, une quantité indénombrable de poursuites pour diffamation ou atteinte à la vie privée ont eu lieu chez nos voisins du Sud en raison de ce genre de publications.

En revanche, quand on cherche au Québec: rien. Aucune poursuite. Serait-ce parce que nos vedettes mènent un train de vie un peu moins rock’n’roll que les célébrités américaines? Peut-être, mais ne serait-ce pas aussi parce que la vie privée prime, ici?

La Charte canadienne des droits et libertés garantit le droit à la vie privée, ce qui inclut le droit au maintien de sa réputation et le droit de ne pas être diffamé. Ces principes se retrouvent également dans les règles déontologiques des grands médias et doivent être respectés par tous types de médias. Ces derniers, incluant les sites web et les magazines à potins, usent donc généralement de prudence et de discernement pour protéger l’image des personnes qu’ils exposent et s’éviter ainsi d’éventuelles poursuites.

Pour l’instant, les potins au Québec ne semblent pas faire trop de dommages. Au contraire, ils offrent de la visibilité aux artistes et les rapprochent de leur public. Dans la mesure où l’intimité de tous et toutes est respectée et que tout ce qui est publié est vrai et vérifié, intérêt public ou pas, le potinage québécois a sa place. Laissons-nous donc nous délecter de nouvelles légères et réjouissons-nous que nos médias respectent la vie privée de tout un chacun.

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