Les bruits qui courent

lundi 11 mars 2019 10:34

La notoriété médiatique des sportifs est en hausse, de sorte qu’ils sont maintenant beaucoup plus confrontés aux rumeurs à leur sujet qu’auparavant.

Claudine Giroux


Une recrudescence de la popularité médiatique des athlètes peut être observée, non seulement dans les médias sociaux, mais aussi dans les médias traditionnels tels les journaux et les revues à potins, où les ragots et rumeurs sportives font régulièrement la une.

«On ne peut pas empêcher les gens de parler. Ce que je n’aime pas, ce sont les informations erronées», affirme la patineuse de vitesse, plusieurs fois médaillée olympique, Marianne St-Gelais.

«À Sotchi [Jeux olympiques d’hiver de 2014], j’ai trouvé ça plus difficile [de faire face aux rumeurs], parce que je n’avais pas supprimé mes réseaux sociaux et quelques commentaires m’ont affecté, alors par la suite, on [Marianne et son équipe] a pris la décision de ne pas utiliser les médias sociaux lors de gros événements sportifs», poursuit-elle.

Bien sûr, certains commentaires reçus peuvent être pleins de bienveillance, mais il peut quand même arriver que certains soient plutôt mesquins, souhaitant des échecs ou attaquant personnellement les athlètes. Malgré tout, Marianne affirme ne pas avoir été préparée à faire face aux rumeurs, mais c’est plutôt avec le temps qu’elle s’est entourée d’une équipe de relationnistes pour faire face à la pression des médias.

«Les rumeurs personnelles, c’est certain que c’est plus difficile pour les athlètes. Ça affecte l’image et ça affecte la réputation. Quand c’est professionnel, les joueurs ont un pouvoir là-dessus. Ils peuvent s’entraîner plus longtemps et s’en sortir», explique le psychologue sportif Michel Pinard, qui pratique depuis plus de 25 ans. «Mais quand il s’agit de rumeurs personnelles, c’est souvent des faussetés, donc ça vient beaucoup plus affecter les performances et la concentration des athlètes», renchérit le psychologue.  

Du côté des sites de nouvelles sportives, la manière de gérer la publication de rumeurs n’est pas pareille pour tous. Les plus gros médias ont des codes de déontologie et des normes journalistiques qui encadrent leur travail, mais les blogues de nouvelles et de potins n’y sont pas soumis. Il suffit d’aller faire un tour sur n’importe quel site web dédié aux Canadiens de Montréal pour se rendre compte que la section «Rumeurs» est souvent bien mise de l’avant.

«On ne publie pas de nouvelles personnelles sur les athlètes ou les coachs, à moins que ceux-ci en parlent publiquement et ouvertement», défend le chroniqueur du site danslescoulisses.com Max Truman. «Par contre, on se donne des limites à ne pas franchir, et nous sommes à l’aise à l’intérieur de celles-ci», ajoute le blogueur.

Pourquoi les potins?

«C’est un complément au divertissement sportif. Ça nourrit les gens d’avoir une histoire à suivre à côté des matchs. À chaque saison de hockey qui commence, je me plais à dire que c’est le retour du téléroman», explique M. Pinard. Selon lui, il est presque inévitable que les sportifs soient l’objet de rumeurs. La demande pour ce genre d’informations est beaucoup trop grande, et il est facile pour les journalistes et blogueurs de générer des revenus avec ces nouvelles, qu’elles soient véridiques ou non.

L’avènement des médias sociaux n’a rendu que plus accessibles les athlètes qui sont de plus en plus préparés à y faire face et cette nouvelle habitude de consommation de l’information sportive est bien ancrée chez beaucoup de gens.

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