Remettre les pilules à l’heure

lundi 11 mars 2019 11:54

La pilule contraceptive est l’une des grandes avancées pour les femmes, mais les risques qui y sont associés en laissent plusieurs craintives.

Béatrice Guimont


Même si la pilule contraceptive aide des millions de femmes chaque année à reprendre le contrôle de leur corps, certaines rumeurs laissent toujours planer un doute lié à l’augmentation des risques en lien avec le cancer.

Une étude récente de l’Agency for Healthcare Research and Quality a tenté d’établir un lien entre la prise orale du contraceptif et l’augmentation du risque d’une variété de cancers. Les résultats sont clairs: les risques liés à la pilule sont négligeables, et tendent même à prévenir la venue de certains types de cancer, tel que celui de l’ovaire ou de l’endomètre. L’Institut National du cancer soulevait que l’utilisation à long terme de la pilule est systématiquement associée à un risque réduit de cancer de l’ovaire, quel que soit le mode de vie de la femme. L’étude publiée dans PubMed a observé les réductions les plus importantes du risque de cancer de l’endomètre chez les femmes.

 

Des études mitigées pour le cancer du sein

En revanche, pour le cancer du sein, la relation est plus complexe. Il est possible que l’utilisation prolongée de contraceptifs oraux à fortes doses entraîne un risque légèrement accru de développement du cancer du sein chez les femmes avant l’âge de 45 ans, selon une étude sur le cancer du sein publiée en 2017 et modifiée en 2018, et la prise orale de contraceptifs menée par la gynécologue américaine Kathryn McGonigle.  

La Société canadienne du cancer affirme que «les femmes qui prennent la pilule ont un risque de cancer du sein légèrement supérieur». Le risque est toutefois plus faible chez les femmes ayant pris la pilule après leur première grossesse menée à terme. Tout de même, les études sur le risque de développer un cancer du sein chez les femmes utilisant des contraceptifs hormonaux montrent des résultats incohérents, allant d’une absence de risque à une augmentation de 20 à 30 %.

Selon Jida El Hajjar, vice-présidente aux investissements et à la promotion de la santé à la Fondation du cancer du sein du Québec, la pilule contraceptive est un risque qu’il faut prendre. «Les études n’ont jamais permis de tirer des réponses claires sur le lien entre la prise de contraceptifs oraux et les cancers du sein», mentionne Mme El Hajjar. Par contre, la vice-présidente souligne que lorsque des femmes ménopausées débutent la prise de la pilule contraceptive dans le but de remplacer les hormones perdues, l’augmentation du risque du cancer du sein peut aller jusqu’à 26 %.

La pilule est définitivement le moyen contraceptif le plus populaire alors qu’elle est utilisée par près de 140 millions de femmes à travers la planète selon le journal Le Monde, et le Québec ne fait pas exception à cette popularité. Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec estime que «85,1 % des femmes âgées de 15 à 49 ans actives sexuellement ont utilisé un moyen contraceptif» entre 2014-2015.

Chaque corps est différent, mais les facteurs de risques lors de la prise du contraceptif ne résident pas que dans la chimie de la pilule. Mme El Hajjar rappelle qu’il y a aussi l’historique familial et biologique qui entre en jeu lorsqu’il est question de l’augmentation des risques de cancer du sein liés à la pilule contraceptive.

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