Système, dégage!

mardi 16 avril 2019 2:59

Lina Heckenast


Il est cliché de dire que c’est possible de trouver le bonheur dans les moments les plus sombres. C’est réducteur des difficultés encourues et de l’effort mobilisé. Pourtant, près d’une décennie après les premiers soulèvements du Printemps arabe, ce serait la manière la plus juste de décrire le couronnement des manifestations algériennes de 2019.

À l’annonce de la démission du président Abdelaziz Bouteflika, les manifestants ont pris d’assaut les rues pour célébrer. Les images des festivités ont naturellement fait le tour des médias et nombreux ont été les internautes qui ont critiqué la rapidité avec laquelle les Algériens ont fêté.

Mais n’est-il pas important de prendre le temps de se féliciter pour nos victoires? De regarder autour de soi et de voir que collectivement, on est parvenu à se faire entendre? Et dans ce cas-ci, que malgré un contexte global qui n’était pas nécessairement propice à la révolution et de multiples tentatives de soulèvements qui n’ont mené à rien, on a pu faire tomber un règne de presque 20 ans?

Il y a une certaine beauté à voir dans la célébration la plus extatique de la chute d’un gouvernement. À savoir que l’espoir peut exister même quand on ne croyait pas qu’il donnerait suite à notre acharnement. Et c’est encore plus beau de voir que malgré un triomphe apparent, l’Algérie n’a pas l’intention de cesser de se battre, du moins pas avant l’atteinte réelle de ses objectifs.

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