Le sexe d’un océan à l’autre

mardi 16 avril 2019 3:26

L’âge, le sexe et l’emplacement géographique des Canadiens sont tous des facteurs ayant un impact sur leur sexualité, que ce soit de manière positive ou négative.


Claudine Giroux

Alors que les études et les données manquent sur la diversité des pratiques sexuelles des Canadiens, le peu d’information disponible permet quand même de dresser un portrait partiel de la situation.

«Il y a le préjugé que les Québécois sont plus libéraux dans leur attitude et leurs pratiques sexuelles que le reste des Canadiens», explique le directeur général du Conseil d’information et d’éducation sexuelles du Canada (SIECCAN), Alex McKay qui précise pourtant qu’il n’existe à peu près pas d’étude qui puisse le prouver. Selon les données fournies par Santé Canada, une comparaison existe entre les adultes de plus de 40 ans sexuellement actifs et issus de différentes provinces.

Contrairement à la croyance populaire, les Québécois ne sont pas les plus occupés dans la chambre à coucher. Les Terre-Neuviens trônent au sommet de la liste avec 86,3 % des répondants de plus de 40 ans qui sont actifs sexuellement. La province avec le pourcentage le moins élevé est le Yukon avec 72,5 %. La Belle Province se retrouve avec 81,7 %, alors que la moyenne canadienne atteint les 80,6 %, selon les données de 2016.

Et les jeunes?

Au Canada, 66 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont affirmé avoir eu au moins une relation sexuelle et 9 % avant l’âge de 15 ans, selon les données de Statistique Canada.

Une étude de Didier Garriguet, directeur de la Division de l’analyse de la santé chez Statistique Canada, publiée en 2005 a démontré que les jeunes des provinces maritimes et du Québec avaient beaucoup plus de facilité à parler de leur sexualité et à avouer avoir eu des relations sexuelles, ceci étant particulièrement vrai pour les jeunes filles.

Au cours des années, plusieurs études publiées par Santé Canada, comme celle de la chercheuse associée Michelle Rotermann en 2008, ont révélé que la majorité des jeunes canadiens sexuellement actifs ont recours à un moyen de contraception, comme le condom ou la pilule contraceptive, lors des relations sexuelles. Le taux d’utilisation du préservatif est inférieur dans certaines provinces, comme au Québec, où le régime d’assurance médicaments provincial rembourse les frais de certaines pilules contraceptives.

Les études canadiennes sur les pratiques et relations sexuelles plus intimes, comme la masturbation, le sexe oral ou anal, sont peu présentes. Un recensement de 2015 fait par la SIECCAN permet tout de même de comparer la fréquence de ces pratiques entre les hommes et les femmes de plus de 50 ans. «Cette génération est intéressante à étudier, puisqu’elle est la première à avoir subi les conséquences de la révolution sexuelle [à la fin des années 1960], affirme Alex McKay. Elle a grandi et évolué avec la mentalité que la sexualité était quelque chose de positif qu’il faut apprécier.?»

Les Canadiennes de plus de 50 ans auraient aussi tendance à donner plus de relations sexuelles orales que d’en recevoir, alors que les Canadiens sondés seraient plus actifs sexuellement que les femmes, et ce à toutes les sphères étudiées. De manière générale, plus l’âge augmente, moins les pratiques sexuelles sont fréquentes, et ce, peu importe le type de relation.

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