Zoothérapie : les animaux et les maux

mardi 16 avril 2019 4:20

Assistant certains spécialistes dans leurs interventions, des animaux deviennent l’outil thérapeutique de professionnels pour apaiser une très large clientèle.


Lauren Saucier

Les bienfaits qu’apportent certains animaux à l’être humain sont connus depuis déjà longtemps et c’est pourquoi certains thérapeutes les utilisent lors de séance de zoothérapie.

La zoothérapie n’est pas une profession en soi, mais une formation complémentaire à un métier de relation d’aide ou d’intervention sociale. L’adjoint administratif de l’organisme Zoothérapie Québec, Stéphan Francoeur, définit la zoothérapie comme étant tout simplement une thérapie, un soin apporté à un bénéficiaire par un intervenant, par le biais de l’animal. «Ça peut prendre plusieurs formes : ce n’est pas uniquement psychologique ou physique». La zoothérapie peut notamment être pratiquée dans les écoles, les CHSLD, les résidences pour personnes âgées et même en milieu carcéral.

Si dans l’imaginaire, la zoothérapie se pratique surtout avec les chiens et les chats, ce ne sont pas les seules espèces qui sont de bons candidats pour cette pratique. Tout spécimen peut être considéré, seulement, l’animal doit être en santé et doit avoir un tempérament adapté à la personne qu’il va rencontrer. Un chien anxieux ne sera pas le bon choix pour un enfant turbulent.

La zoothérapie s’applique à une vaste clientèle et à une panoplie de cas différents. La clé de la thérapie, c’est l’intervenant, car  ce dernier va cibler les besoins d’une personne et les travailler. Pour une personne en perte de motricité et un enfant ayant un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité par exemple, la thérapie ne sera aucunement la même.

Toutefois une chose est sûre, par sa seule présence, l’animal apaise et rassure. Caresser un animal permet la diminution de la pression artérielle et par le fait même, réduit l’anxiété chez la personne. Ce n’est pas un remède aux maux, il s’agit, comme l’indique le site Web de Zoothérapie Québec, d’«un accompagnement vers un mieux-être». Pour chaque intervention, l’objectif principal de la thérapie demeure principalement le même : contribuer au bien-être de la personne.

Les impacts de l’animal sur la personne

Intervenante en zoothérapie et travailleuse sociale dans la région de la Gaspésie, Émy Poirier a démarré son entreprise de zoothérapie en 2017. Depuis, elle a travaillé dans des milieux variés, passant des garderies aux pénitenciers. Pour elle, offrir ce type d’activité est stimulant, parce que les gens vivent des moments agréables. «Ça a également des impacts sur le cerveau, mais aussi, sur la valorisation de la personne. Grâce à l’animal, on va valoriser leur estime», explique-t-elle.

Si en milieu scolaire, l’animal est parfois utilisé comme une récompense, il est également utilisé comme moyen de stimuler une personne, autant au niveau des sens ou des fonctions cognitives. Pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, caresser un animal permet parfois de rappeler à la personne des souvenirs passés en compagnie d’animaux domestiques ou bien briser l’isolement que peuvent vivre ces patients.

La zoothérapie scolaire

En 2015, en plein cœur de la Côte-Nord, l’école primaire du Boisé devenait la première au Québec à accueillir à temps plein une ressource thérapeutique à quatre pattes. Après avoir vu la réponse des enfants à un atelier de zoothérapie qu’ils avaient eu plus tôt dans l’année, l’idée a commencé à germer dans la tête de Sylvie Roussy, autrefois directrice de l’école du Boisé.

Alors que certains élèves ayant des plans d’intervention ne répondaient pas aux moyens habituels des gestions de crises ou de cas de comportements, la directrice a remarqué une grande réponse et une ouverture aux ateliers assistés par l’animal. «On voyait de vrais enfants. Ils étaient là à 100 % quand l’intervenante en zoothérapie venait avec le chien. C’est ça qui a été l’élément déclencheur», confie-t-elle. Toutefois, après l’épuisement du budget alloué à ces ateliers, l’expérience tirait à sa fin.

C’est quelques semaines plus tard, après tout un processus de vérification, que madame Roussy a enclenché les démarches pour l’adoption d’un chien qui l’accompagnerait dans son établissement à longueur d’année. Avec l’aide d’une intervenante en zoothérapie et avec la collaboration de la direction, des assurances, des élèves, de leurs parents et du corps enseignant, Ulysse, le goldendoodle du Boisé, est devenu le premier chien d’école de la province.

Pour les enfants à besoins particuliers de l’école du Boisé, le chien a servi d’outil précieux aux psychoéducatrices et psychoéducateurs dans l’élaboration de plan d’intervention des jeunes. Les années d’Ulysse à l’école du Boisé ont été un succès assuré, selon l’ancienne directrice. Cette année, Mme Roussy et Ulysse continuent leur expérience de zoothérapie scolaire, mais dans le village d’Inukjuak au Nunavik.

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