Rediriger la rémunération des stages vers un enjeu de société

mardi 16 avril 2019 3:32

Par Marguerite Chiarello


Le mouvement de la rémunération des stages s’organise depuis plusieurs mois et exige la prise d’action du gouvernement du Québec. La mobilisation n’a pas une portée à la grandeur de la société québécoise et elle tend à s’essouffler : peut-être est-ce un signe qu’une réorientation de cette lutte est nécessaire.

Afin de venir en aide aux stagiaires ainsi qu’à l’ensemble de la communauté étudiante et la société québécoise en général, il serait possible de réorienter les revendications sur la gratuité scolaire.

Les militants réclament un salaire pour les stagiaires martelant que tout travail mérite une compensation. Les stages, qui font partie du cursus scolaire, sont plutôt de l’ordre de l’apprentissage que du travail. Il est donc impensable et tout à fait illogique de payer des gens pour étudier. Il est cependant tout à fait souhaitable, en tant que société, de payer collectivement les études de tout un chacun. De plus, dans un contexte de gratuité scolaire, les stages dans le secteur public seraient une façon de redonner à la société.

Les défenseurs de la cause évoquent l’impossibilité de travailler et d’effectuer un stage simultanément, ce qui engendre des difficultés pécuniaires. Pourtant, la difficulté à joindre les deux bouts ne surgit pas subitement en période de stages, la pression financière est constante pendant les études. La gratuité scolaire serait donc une façon de soustraire une pression financière à l’ensemble des étudiants.

La solution de la gratuité scolaire remédie aux maux des stages non rémunérés en apportant un avantage énorme que la rémunération des stages ne saura jamais atteindre : elle offre l’accessibilité aux études universitaires à tous. Pour qu’une cause prenne l’ampleur d’un mouvement social, elle doit toucher l’ensemble ou une grande partie de la société. Ainsi, les revendications de la rémunération des stages devraient se réorienter vers la gratuité scolaire, ce qui aiderait les stagiaires, mais aussi toute la société québécoise.

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