Projeter l’émotion

mardi 16 avril 2019 4:30

Un engouement grandissant se fait autour de l’utilisation de différentes technologies pour accompagner les supports artistiques plus traditionnels.


par Milik Bélanger

Les technologies permettent aujourd’hui aux artistes d’explorer les nouvelles relations entre les technologies des médias émergents et existants et les arts visuels traditionnels.  

Les attentes des consommateurs d’art évoluent aux rythmes du développement des nouvelles technologies, explique Paul Landon, directeur du programme de premier cycle en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. «En entrant dans une exposition, les gens s’attendent [presque toujours] à voir des projections vidéo alors qu’avant c’était une pratique beaucoup moins populaire», poursuit-il.

Paul Landon, qui utilise d’ailleurs des installations audiovisuelles dans sa pratique, se dit lui-même frappé par ce changement de mentalité du consommateur d’art.

«La dimension de divertissement visuelle, dans une exposition, crée des attentes presque inconscientes chez les spectateurs, cela s’apparentant au cinéma, explique-t-il. Les images en mouvement traversent le temps. Il  y a donc un certain suspense, un certain récit qui se crée nécessairement et ces attentes de diversions sont moins présentes dans une pratique plus statique, comme la peinture ou la sculpture».

Paul Landon ajoute qu’avec ces nouvelles technologies, les possibilités artistiques se multiplient et les frontières de l’expression sont repoussées. La coordonnatrice artistique du Centre des arts actuels Skol, Stéphanie Chabot abonde dans le même sens: «Les nouvelles technologies permettent de [faire ressentir] la surprise, l’empressement et l’immersion, ce qui permet au spectateur d’être [impliqué] dans l’oeuvre d’art».

La politique dans l’art

Néanmoins, Mme Chabot se dit «titillée» par la montée en popularité des arts technologiques. «Je n’ai pas nécessairement l’impression que l’engouement pour la technologie vient des artistes, mais j’ai l’impression que l’engouement vient des gouvernements et des bailleurs de fonds», soulève-t-elle. Selon Stéphanie Chabot, cette influence est multiple et promue par certaines instances du milieu.

«Les bailleurs de fonds et les Regroupements des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ) ont embauché des agents de développement technologique, explique-t-elle. Il y a des salaires qui sont utilisés pour payer des gens qui convainquent et encouragent les artistes d’utiliser les nouvelles technologies».

Elle ajoute cependant que ces bourses gouvernementales ne sont pas exclusivement allouées aux arts impliquant des nouvelles technologies. «Il existe évidemment du financement pour les formes d’art plus traditionnelles, mais il y a un financement additionnel pour le développement des arts technologiques», relativise-t-elle.

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