Ce qu’il reste du parc Belmont

mardi 16 avril 2019 4:45

Le parc Belmont, ancienne icône de la culture montréalaise, est désormais bien peu connu et représenté. Certains chanteurs décident pourtant d’inclure ce symbole à l’intérieur de leur art.


Florence Tanguay

Bien que le mythique parc d’attractions de Cartierville ait été fréquenté par des familles et des gens de tous âges désirant échapper à l’étouffant centre-ville durant la saison estivale pour aller s’amuser dans une ambiance festive, il est aujourd’hui utilisé par les artistes comme un symbole de bizarrerie et de folie.

Le parc Belmont, situé dans le nord de l’île de Montréal, était un parc d’attractions montréalais ayant ouvert ses portes en 1923, pour les fermer 60 ans plus tard, en 1983. L’ouverture de La Ronde en 1967 a occasionné son déclin, puis un accident de manège et une descente de police pour jeux de hasard illégaux ont scellé le destin du parc Belmont. Ce lieu est souvent considéré comme étant le premier du type à Montréal, avant l’inauguration  de La Ronde. Pourtant, Montréal a connu d’autres institutions importantes comme le Jardin Guilbault, le parc Sohmer et le parc Dominion aux XIXe et XXe siècles. Le parc Belmont proposait plusieurs manèges classiques des parcs d’attractions de l’époque, notamment une grande roue, un carrousel et des montagnes russes. Il comportait également des éléments appartenant au monde du cirque, avec «ce qu’on appelait des freaks, des accidents de la nature qu’à l’époque les gens ne comprenaient pas», indique la professeure spécialisée en histoire de Montréal à l’UQAM, Joanne Burgess.

Enchanteur, mais apeurant

Les Montréalais se rendaient donc à cet endroit pour «se libérer du quotidien, d’une journée de travail. Ils sortaient de la shop les fins de semaine et ils allaient s’évader au parc Belmont», explique Martin Caron, un ancien visiteur du parc. «Le soir, lorsque les lumières s’allumaient et qu’il faisait plus noir, c’était féerique», souligne celui qui a fréquenté ce lieu durant ses six dernières années d’activités.

Quoique Martin Caron se souvienne d’abord de l’odeur de barbe à papa et de maïs soufflé qui embaumait le parc, il se remémore également la «grosse femme qui rit, une poupée mécanique […] qui bougeait et [qui] se mettait à rire avec un rire vraiment profond, vraiment diabolique». Cet objet animé, dont les exclamations résonnaient dans l’ensemble du parc, faisait peur aux petits et parfois même aux plus grands.

Emmenez-moi au parc Belmont

Pour la chanteuse de 25 ans Lydia Képinski, dont le plus récent album Premier juin comprend une chanson nommée Belmont, le parc est surtout «une métaphore pour la folie». «Quand je dis “emmenez-moi au parc Belmont”, c’est un petit peu emmenez-moi à l’asile, emmenez-moi dans un endroit fou», précise-t-elle. Même si elle n’a jamais fréquenté le parc, ce qu’elle retient de ses recherches c’est surtout l’ambiance qui y régnait. «Je trouve qu’il y a quelque chose de vraiment étrange avec le fait que c’est un parc d’attractions pour enfants, mais en même temps il y a toute cette aura glauque [qui l’entoure]», résume-t-elle.

Sa chanson est en fait inspirée de celle de Diane Dufresne, Le parc Belmont. Toutes deux présentent un parc qui n’est ni magique ni enchanteur, et ce, en misant plutôt sur l’aspect un peu fou de ce lieu désormais mythique. Même si les souvenirs des anciens visiteurs sont majoritairement heureux, le parc d’attractions est surtout présenté à l’intérieur de la culture populaire comme un endroit saugrenu et dérangeant.

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