Le blues du champion

mardi 16 avril 2019 5:03

La victoire et la défaite dans le sport peuvent faire vivre à ses adeptes des émotions intenses, qu’elles soient négatives ou positives.


Par Félix Galli

Composer avec le goût de la victoire est satisfaisant pour un athlète, mais lorsque vient le temps d’être confronté à la défaite, le sportif peut aller jusqu’à remettre en question sa carrière entière.

Un athlète professionnel qui accède aux plus hauts sommets de son sport a souvent consacré des années, voire sa vie, à celui-ci avant de finalement obtenir le fruit de ses efforts. Que ce soit des réveils aux petites heures du matin ou des fins de soirées au gymnase, la route vers la gloire est parsemée d’embûches et de sacrifices pour celui ou celle qui aspire à la victoire. Il n’est donc pas rare de voir un athlète éclater en sanglots, après avoir réalisé un accomplissement remarquable ou obtenu un résultat décevant.

Alex Morgan, un pratiquant d’arts martiaux mixtes québécois, a remporté en août dernier la ceinture des poids plumes de l’organisation TKO MMA, faisant de lui le meilleur combattant au Canada pour son poids. «Quand j’ai obtenu la ceinture, le poids que j’avais sur mes épaules est tombé, ça faisait 10 ans que je travaillais pour ça», mentionne l’athlète de 27 ans, originaire de Blainville. «Je me suis prouvé qu’un petit gars ordinaire peut réaliser tout ce qu’il veut avec de la persévérance», ajoute-t-il.

Entre les deux oreilles

Dans la première défense de son titre, Alex s’est incliné par soumission contre le combattant Charles Jourdain et cela a été un moment difficile dans sa carrière. «Il y a beaucoup à apprendre dans chaque défaite, sans doute plus que dans les victoires», explique le professeur de psychologie sportive à l’université McGill, Gordon Bloom. Il considère plutôt la défaite comme un moteur essentiel dans la vie d’un sportif. «Si un athlète réussit à retenir toutes les leçons de ses défaites, il réussira immanquablement à triompher un jour», affirme-t-il.

Malgré l’amertume de la défaite, l’ex-champion préfère aborder la question avec philosophie. «Ce n’est pas toujours facile. On se remet en question, on aimerait retourner dans le passé pour changer les choses, mais surtout, on cherche à savoir pourquoi et comment cela a pu se produire. L’important, c’est de trouver la bonne façon de se relever et de revenir en force», explique Alex Morgan.

Franck Estève, un préparateur mental pour les athlètes, mentionne que la défaite peut occasionner plusieurs répercussions négatives, si elle n’est pas bien gérée. «Une des conséquences pour le sportif sera qu’il aura peur de se tromper et il passera son temps à essayer de ne pas faire d’erreurs plutôt que de s’améliorer en se trompant. En situation de compétitions cela augmentera le niveau de stress et diminuera les performances», précise-t-il.

Dans son cas, Alex s’est remis à l’entraînement la semaine suivant sa défaite. Il se dit en meilleure forme que jamais et prévoit son retour dans l’octogone prochainement. Comme quoi, comme le dit le proverbe japonais, on apprend peu dans la victoire, mais beaucoup dans la défaite.

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