Objectif: concentration

mardi 16 avril 2019 5:26

La grande vitesse à laquelle un pilote de courses automobiles peut conduire, afin d’être le premier à passer le drapeau à damier, comporte d’énormes risques s’il n’est pas suffisamment concentré.


Par Maude Faucher

Foncer à 300 km/h sur une piste de course est exaltant et enivrant, mais les pilotes automobiles ne peuvent se laisser déconcentrer pas ces sensations s’ils désirent franchir premier la ligne d’arrivée.

En course automobile, tout est une question de millimètres ou de millisecondes. Un mouvement de volant à peine perceptible peut amener le conducteur à se cogner contre le mur ou à faire des tonneaux en moins d’une seconde. Les pilotes doivent réfléchir à la vitesse de l’éclair afin d’assurer un contrôle majeur sur leur véhicule.  

«Quand je course, je suis vraiment concentré. Je suis vraiment dans ma bulle. Mon niveau de concentration est le plus élevé possible», explique le premier québécois à avoir complété une saison dans la série américaine NASCAR Xfinity, Alex Labbé. «90 à 95% du temps, je suis vraiment focus, je ne me rends pas compte de la vitesse. Je veux juste trouver une manière d’aller plus rapidement, de trouver une meilleure approche pour aborder la piste», ajoute celui-ci.

La concentration avant tout

Un léger décalage entre un pilote et son environnement peut tout faire basculer. «C’est beaucoup mental», fait remarquer la psychologue de l’Association canadienne de la psychologie du sport, Martine Parent. «Ce qui fait la différence [entre une victoire et une défaite], c’est ce qui se passe entre les deux oreilles», affirme-t-elle. Elle ajoute que la sécrétion d’hormones comme le cortisol, l’épinéphrine, la norépinéphrine et l’aldostérone libèrent dans le métabolisme de l’adrénaline. Elles accélèrent notamment le rythme cardiaque et permettent d’avoir une meilleure concentration.

La vitesse qu’un pilote de course peut atteindre lui demande une très grande concentration et en conséquent, la production d’hormones est décuplée. «Durant une course automobile, les mêmes hormones sont sécrétées, mais elles augmentent davantage afin d’avoir une meilleure portée chez l’athlète», indique le professeur au département de kinésiologie à l’UQAM, Antony Karelis.

Beaucoup de pilotes automobiles remarquent ce phénomène en comparant leur rythme cardiaque à celui d’autres sportifs. «Il est plus élevé que n’importe quel athlète parce que le niveau d’adrénaline est tout le temps au maximum», constate Alex Labbé.

Malgré toute la concentration du monde, le pilote de course qui a remporté le championnat de la série NASCAR du Canada en 2017 ne peut s’empêcher d’avoir le vertige lorsqu’il réfléchit au risque qu’implique son métier. «Lorsque je course, je ne me rends pas compte des dangers, je ne me rends pas compte que je vais vite. Mais quand je passe proche d’avoir un accrochage ou que ma voiture perd de l’adhérence, je me rends compte que je ne suis pas invincible, que je ne suis pas un super-héros. Je pourrais prendre le champ ou cogner un mur à n’importe quel moment», affirme-t-il.

Comme le carburant d’une automobile, l’adrénaline devient le moteur de réussite des pilotes automobiles sur les pistes et permet aux meilleurs de se démarquer et de franchir premier la ligne d’arrivée.

Leave a reply

required

required

optional