L’ASMR: une méthode de relaxation particulière

mardi 16 avril 2019 5:32

L’ASMR est l’une des techniques de relaxation utilisées par certaines personnes pour trouver le sommeil ou pour réduire le stress.


Julien Lachapelle

L’Autonomous Sensory Meridian Response, plus communément appelé l’ASMR, est une méthode de relaxation répandue un peu partout sur Internet depuis 2010. Si l’ASMR peut aider certaines personnes à s’endormir ou à se détendre, d’autres ne sont pas en mesure de ressentir les effets et doutent de la pertinence de cette méthode de détente.

D’après la première étude sur l’ASMR réalisée en 2015 par les psychologues Emma L. Barratt et Nick J. Davis de l’Université Swansea en Angleterre, l’ASMR est un phénomène sensoriel atypique impliquant des sensations de picotement en réponse à certains stimulus sensoriels et audiovisuels.

Selon les commentaires du neurologue Pierre Lemarquis recueillis par le journal français Le Temps, l’arrière du crâne est la partie du cerveau qui est la plus touchée par les sons et les chuchotements. Certaines personnes peuvent même ressentir des frissons jusque dans la colonne vertébrale.

Madison, productrice d’ASMR sur YouTube depuis juin 2018, mentionne que plusieurs techniques sont utilisées par les artistes ASMR pour donner une sensation de confort à ceux et celles qui regardent leurs vidéos. «Dans une vidéo, on peut utiliser plusieurs déclencheurs comme des bruits de crayon, des bruits de bouche, du tapping, du chuchotement et d’autres bruits du même type. Parfois, on va intégrer plusieurs sons différents dans la même vidéo et dans d’autres, on va se concentrer sur un son unique», indique-t-elle.

Elle mentionne que d’autres vidéos ASMR sont faites à partir d’une situation particulière. Ces vidéos sont décrites comme étant de type Roleplay. «On peut se mettre dans la peau de n’importe qui, que ce soit dans la peau d’un coiffeur, d’un docteur ou même jouer le rôle de la copine de la personne qui regarde la vidéo», souligne-t-elle.

Une bonne manière pour se reposer

L’étude réalisée par les psychologues Emma L. Barratt et Nick J. Davis a été faite à partir d’un questionnaire publié en ligne auquel 475 adeptes de l’ASMR ont répondu. La majorité d’entre eux ont affirmé avoir utilisé cette méthode de relaxation pour la première fois entre l’âge de cinq et dix ans.

La première partie du questionnaire visait à comprendre les déclencheurs qui font sentir le plus de sensations aux participants. Les vidéos de chuchotements, d’attentions personnelles (caresse du visage et des oreilles, mots doux) et de sons spécifiques (tapotement des ongles sur des objets) sont celles qui ont le plus fait réagir les répondants avec des taux de réponses positives dépassant le 60% dans les trois cas.

L’étude cherchait également à déterminer les parties du corps les plus susceptibles de ressentir les sensations des déclencheurs. Ainsi, 63% des participants ont affirmé ressentir des sensations de douceur à une partie du corps en particulier. Parmi ceux-ci, 41% des répondants ont dit ressentir des frissons en arrière de la tête et 29% d’entre eux affirment en ressentir plus dans les épaules.

L’étude a finalement démontré que 82% des répondants consomment de l’ASMR pour les aider à s’endormir et 70% d’entre eux l’utilisent pour réduire leur stress.

Des réactions variées

L’ASMR plaît à une bonne partie des internautes. La chaîne YouTube ASMR Darling est la plus populaire avec plus de deux millions d’abonnés. D’autres chaînes YouTube, comme celles de Roxane ASMR et de Sandra ASMR Relaxation, comptent plus de 100 000 abonnés chacune.

Annelise Ménard, étudiante en étude de films à l’Université Concordia, a écouté des vidéos de ASMR pour la première fois il y a deux ans, lorsque des amies lui en ont montré.

«La première fois que j’en ai écouté, j’ai aimé les sensations de douceur que je ressentais dans mon cou et dans ma tête. Maintenant, j’en écoute plus pour me mettre dans un état de repos avant d’aller me coucher», ajoute-t-elle. Elle estime toutefois ne pas être dépendante de cette méthode de relaxation.

Par contre, Marie-anne Daneau, étudiante au Collège André-Grasset en Arts, Lettres et Communication, n’a pas du tout apprécié son expérience avec l’ASMR. Elle en a écouté pour la première fois il y a environ huit mois, suivant le conseil de sa cousine et d’une amie du secondaire pour réduire son stress.

«Le bruit intensifié des sons que j’entendais me donnait mal aux oreilles. Ça me rendait plus agressive. C’est une méthode que je ne conseillerais pas à quelqu’un de mon entourage. Je préfère méditer ou écouter de la musique douce pour me relaxer», explique-t-elle.

Pierre Lemarquis souligne qu’il est tout à fait normal que certaines personnes ne soient pas réceptifs à ce genre de stimuli: «Il s’agit d’un phénomène qui s’apparente à de la suggestion, comme en hypnose, ce qui suppose une capacité à lâcher prise, à rêver et à développer son imagination. Cela dépend donc du vécu et de la sensibilité physiologique de chaque individu».

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