Justice pour les fangirl

mardi 16 avril 2019 5:36

Par Camille Avery-Benny


L’image de la fangirl typique réfère généralement à celle d’une jeune fille d’une folie exubérante. Victimes du jugement moral de la société, les fangirls sont pourtant plus que des adolescentes hystériques qui traînent leurs chaises de camping devant les portes des salles de spectacle.

La fangirl classique ne rate pas une apparition, pas un tweet. Elle connaît tous les mots, toutes les notes de toutes les chansons de son artiste préféré. Elle passe des heures à scruter les moindres faits et gestes de ses favoris et connaît leur vie du bout de ses doigts.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la fangirl n’a pas de genre. Même s’ils demeurent minoritaires, nombreux sont les hommes dédiés qui suivent religieusement leurs artistes préférés au point de «crier comme des filles» au premier rang des concerts de Taylor Swift ou de One Direction.

Si ces fangirls ne représentent qu’une exception, le «gêne de fangirl» est certainement plus répandu que l’on ose l’admettre.

Avec leurs connaissances aiguisées, leur dévouement total et leurs cris de joie, la fangirl et le fan de sport ne sont finalement pas si différents.

Le fan de sport aguerri ne manque pas un match, pas une statistique. Il connaît tous les noms, tous les numéros de toutes les équipes de son sport préféré. Il prend du temps pour analyser les moindres rumeurs d’échange et peut prédire l’issue d’une saison avant même qu’elle n’ait débuté.

Comme la fangirl, le fan de sport dépense des centaines de dollars pour aller hurler dans un aréna. Pourtant, les fans de sport ne sont pas jugés sévèrement comme le sont les fangirls, mais ne sont-ils pas de même nature?

Rien ne semble justifier le jugement social défavorable envers les jeunes passionnées de personnalités, que l’on épargne aux amateurs de compétitions sportives, mais ne devrions-nous pas, à tout le moins, reconnaître aux deux groupes la même réputation obsessive?

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