Le point de match de Cendrillon

mardi 16 avril 2019 5:39

Par Marguerite Morin


Hartford — Connecticut

North East Volleyball Championship 2015.


Une équipe féminine de volleyball de la région de Montréal, l’équipe Cendrillon de ce tournoi, s’apprête à vivre un gros moment dans leur jeune carrière. Avec un parcours presque parfait au cours des trois jours de compétition, la troupe se hisse au sommet du classement, à la grande surprise de tous et malgré toutes les embûches, gagne sa place en finale.

Le six partant est aligné sur la ligne de service, l’un des côtés du quadrilatère formant le terrain. Arborant toutes le noir et le bleu, sauf une, le libéro, en blanc et bleu, elles sont prêtes à jouer le match de leur vie. La partie est en faveur du bleu, blanc, noir. La première manche est gagnée. Ça se corse à la deuxième, mais l’équipe conserve tout de même une mince avance.

Point de match. Le service est au bleu, blanc, noir et c’est très serré. 24-23. Point de match. La tension est palpable. Tout le monde nous regarde. Évidemment, c’est la finale. Point de match. Le ballon est en jeu. Il flotte, dans une trajectoire parfaite, pour se rendre sur les bras de la receveuse. Le ballon bondit et rebondit pour retourner de l’autre côté du filet. L’offensive s’installe, la balle est passée au centre. L’attaquante dégaine une frappe puissante qui terminera sa course dans le bloc de l’adversaire. Le ballon tombe au sol. Le ballon tombe au sol du côté de l’équipe adverse.

Match. C’est l’hystérie dans la foule de parents située en bordure de terrain. L’émerveillement décore les visages de chacune des jeunes filles. Le sourire aux lèvres, elles réalisent une grande réussite, et ce, grâce au travail d’équipe. La petite famille d’adolescentes qui jouent au volleyball trois ou quatre fois par semaine sont l’incarnation même que tout est possible et qu’il faut travailler ensemble pour ressentir et vivre une joie incommensurable.

5, c’est le minimum d’heures de pratique par semaine.  

5, c’est le nombre d’années qu’elles se sont côtoyées, entraînées et même endurées.

5, c’est le numéro que je portais lors de ce match décisif, pour ce tournoi, et pour ma vie.

Je me rappelle encore très bien, peut-être par nostalgie, ce moment précis. Ce moment de réalisation, de concrétisation. De vivre ça avec celles avec qui j’ai partagé beaucoup de mes soirées dans un gymnase me remplit encore de joie à ce jour. Prendre place au sein d’une équipe sportive est un énorme privilège, voire même un cadeau. Les rencontres, les expériences, les défis, la victoire comme la défaite, les bons et les mauvais coups, la fraternité; tout ce qui caractérise une équipe soudée est un argument valide pour dire que les gens que nous fréquentons dans des circonstances sportives et les moments que nous vivons ensemble sont la source d’un des plus beaux sentiments du monde.

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