Encore des protéines, s’il vous plait

dimanche 13 novembre 2011 6:20

surentrainement

Par Francis Dufresne

Quatre blancs d’œufs, deux œufs complets et un bol de gruau. Voilà en quoi consiste un déjeuner typique pour Yan, étudiant au Cégep Maisonneuve et adepte de l’entrainement physique. «S’entrainer, c’est un mode de vie», lance-t-il avant d’entamer une série d’exercices. En une semaine, il peut passer jusqu’à dix heures dans un centre sportif. En une seule journée, il peut consommer jusqu’à six repas. Un mode de vie qui peut considérablement faire augmenter une facture d’épicerie.

Est-ce excessif? «Tout dépend des objectifs de l’individu, répond Dany Desroches, kinésiologue au centre sportif de l’UQAM. Pour acquérir une grande masse musculaire, il faut nécessairement s’alimenter et s’entrainer en conséquence. Une grande consommation ne pose pas problème pourvu que ces calories soient dépensées.» Pour ce qui est du temps accordé à l’entrainement, il n’y a pas non plus d’effets négatifs chez les athlètes prudents. Pour bien récupérer, les fibres musculaires doivent se reposer pendant au moins trois jours.

Cela dit, cette discipline est d’autant plus exigeante pour les étudiants, qui doivent concilier études et entraînement. Certains choix s’imposent. «Oui, il y a un certain impact négatif sur mes études, confie Yan. Il m’arrive de choisir l’entraînement plutôt que de commencer un projet important.»

Faire de l’exercice pour être en santé, c’est une chose. Faire passer la musculation avant tout en est une autre. D’où vient cette obsession pour le culte du corps chez les jeunes hommes? «On peut attribuer cette tendance aux pressions sociales exercées sur les hommes, que l’on pense aux publicités de Calvin Klein ou encore à la populaire émission Jersey Shore», avance prudemment Dany Desroches. À l’image de l’anorexie chez les femmes, certains hommes développent des problèmes reliés à la perception de leur image corporelle, qui se doit d’être musclé. «Ce trouble est défini comme le ‘Complexe d’Adonis’», explique le kinésiologue.

Pour augmenter plus rapidement leur masse musculaire, les étudiants souffrant de ce complexe peuvent être tentés d’utiliser des produits comme les stéroïdes. Si les risques nocifs encourus par l’utilisation de tels produits sont aujourd’hui largement documentés, les stéroïdes sont toujours bien présents dans les gymnases. Employé au centre sportif de l’UQAM depuis seulement un mois, Dany Desroches a déjà constaté au moins deux cas de dopage. «Sans preuve de commerce de ces produits, nous ne pouvons pas intervenir», déplore-t-il.

Avec les substances illicites prises dans l’équipe des Carabins de l’Université de Montréal, force est de constater que le surentraînement pose problème, avec tout ce qui peut en découler. Si les jeunes qui s’adonnent à l’entraînement physique de façon responsable ne subissent pratiquement aucun effet négatif, tomber dans l’excès peut signifier de nombreux problèmes de santé ou judiciaires.

Crédit photo : Francis Dufresne

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